LIVRE TRENTE-CINQUIÈME
murmure, dans Thumble poste de commandant militaire de ces forteresses.
La révolution de Constantinople n'excita que de légers mouvements dans l'armée du Balkan. Le grand vizir et les ministres, satisfaits de conserver leurs emplois, firent saluer Tavénement de Mustapha IV par les troupes. Le seul aga des janissaires, choisi naguère par Sélim III, parce qu'il voulait, comme son maître, régénérer ce corps, murmura hautement contre la conduite de ses soldats dans la capitale, déshonorés, disait-il, par leur complicité avec les vils yamaks et par la déposition de leur souverain. Les janissaires du camp, prenant parti pour leurs camarades flétris, se soulevèrent contre leur chef. Il fit face avec une intrépide indignation aux séditieux ; mais, abandonné par ses officiers, il tomba sous les coups de ses soldats. Le grand vizir ayant montré aussi quelques nobles sentiments de fidélité à Sélim et d'indignation contre la révolte, fut destitué par le caimakam.
Tchlemi-Pacha, ancien ministre, fut nommé à sa place pour commander les troupes. Ces secousses, ces mobilités du gouvernement et ces déplacements
d'autorité annulèrent la campagne. Les Russes, sans ennemis devant eux, débordèrent dans la Valachie et dans la Moldavie. Heureusement pour les Turcs, la paix de Tilsitt força les Russes à respecter leurs frontières.
Mustapha IV n'était qu'un nom sur le trône. Prince léger, capricieux, à la fois flexible et cruel, il n'aimait du pouvoir que ses magniflcences et ses voluptés. Le caïmakam et le muphti régnaient à sa place. Mais ce règne partagé, acquis par des crimes communs, ne pouvait suffire à aucun des deux ; ils se le disputaient avec acharnement; la haine avait succédé à la complicité.
Cabalchi-Oghli , un moment oublié, reprit ud rôle et une importance. Celui qui avait fait la révolution parut à la fois, au caïmakam et au muphti, le seul homme capable de consolider leur fortune. Ils se disputèrent son amitié. Cabatchi-Oghli, en homme habile, pressentit laforce du côté du muphti. Son influence comme pontife assurait à sa cause le parti entier des oulémas et des imans*
La popularité du caïmakam ne tenait qu*à son litre de grand vizir. Le fanatisme, moins fugitif que