‹ Histoire de la TurquieChapitre 239 sur 360 · LIVRE TRENTB^INQUIÉME. i · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTB^INQUIÉME. i

« été vaine ; en d'antres termes, le caimakam aurait « échoué sans le concours du muphti.

— « Y a-l-il longtemps que ce muphti est en i( place î

— « Environ deux mois; le précédent, dont Tes- « prit était élevé, secondait la réforme ; celui-ci, « pour arriver, a d'abord feint de lui être favorable i( alors quMl l'attaquait constamment, mais sourde- « ment. Une fois en fonction, il a préparé la révoc( lution. Ce sont les maximes suivantes, mises en « avant par lui et ses adhérents, qui ont tout fait : « Qui imite les infidèles est un infidèle I » Axiome c( dont la conséquence a été plus tard cette question « posée au muphti : Le souverain qui combat Tes- « prit du Coran doit-il rester sur le trône? A quoi « le muphti n'a pas manqué de répondre négative- « ment. Voilà le genre d'attaque employé par les a ennemis de la réforme et du sultan.

— « Mais pour arriver à de tels résultats, il a « fallu des menées de longue main ; comment ont- « elles échappé à Sébastiani ?

— c( Elles sont parties de trop haut pour être « aperçues. Les deux plus grands fonctionnaires de « l'empire conspirant contre le sultan, comment « soupçonner cela? Lorsqu'au jour de l'insurrec- « lion, le corps diplomatique fit connaître au divan

i3d HISTOIRE DE LA TURQUIE.

a la dangereuse tendance des rebellas et de leur (( clief^ c'est à ce substitut du vizir qu'on s'adressa a pour la combattre, alors qu'il agissait, lui, pour « la propager. Il répondit : Que le gouveruemenl a surveillait ce mouvement avec prévoyance et sol- « licitude. C'est seulement le succès de cette révo- (i lution, dont le calmakam et le muphti ont proûté, «qui a révélé leur complicité et leur trahison; « Sélim lui-même a perdu le trône sans soupçonner « leur duplicilé. Il a cru amicale et sincère la der- « nière démarche du muphti pour l'engager à abdi- (( quer, et sa résignation l'a acceptée coQime une « preuve de dévouement,

— a Pauvre Sélim 1» reprit Napoléon, « c'est vraiment incroyable.

-r- a El à quoi ceîaa-^t-il tenu! Lors du départ a des troupes pour le Danube, l'amluissadeur eng»c( gea le sultan à commander ses armées, mais Tînsi* a nnation fut complètement déclinée. Ce parti l'eût il sauvé. Quant à toutes ces intrigues, elles ont à « peine duré un mois, en voici la preuve. C'est dans tt le mois d'avril qu'est mort le précédent aiuphti, (( le sage ami de Sélim ; c'est à la fin du même mois a que son successeur est entré en fonctions. A ce c( même moment, Te grand vizir est parti pour leDac( nube et a nommé son substitut le caïmakam ; or,

^ ui^ foii m powyojp, m wfli3 a sufQ à pes dçiw aw«

a Ce sont eux qui ont fomenté la révolte aux çlj^ (K teaiix 4tf Pospbprç, qwi ppl consigné \^s Ir^qpes d régulières 4ans leyrs (ïaserp^s ; ÇM^ qyi P»t feit a mcUre ^ mort les ipini^U^^ ç^\ ftUbrpS b^ûfl^w^ ç^d'Étot dévoués ftu ijultaji; pui^ i^pfift qui ç^ii)? a ontrwuçilli l^s fruit? dç ç^gr^wd cpRïplqt, ^QÎ^r a t^oapt il* îip»t sws riv^u^ ^t plu5 naaîirêp q\)^ )^ ^f suU^n Must^php, priiaç§ dç viagt aiw, di^9t op <i ignorp }ps fwuUé^, Je caractère ^t ^^^ ^Miirnq^ a QxpériaflQe d'^iH^wrs, Cpifljppnt ^oupçORRer J» « trjihison de fonçliartf^fiiri^ ^} prè§ 4r trôi^î Ne», « sire, cette révolution qui bouleverse l'empire a ottoman a été ourdie ^pébreusement et sans c( complices. Il n'y a eu que des instruments. Elle a était impossible à prévppir | mr Pauvre g^liw' »

Ici lo spçrét^ire d'ainbî|ss^e moonta çb qu0 nouff venons de raconter noii&Tmêmo des événem^nU dfi sérail, interrompu à chaque circonstance du réi^t par une exclamation douloureuse ou ps^r une quasr tion inquiète de Napoléon,

c( Mais, » disait-il souvent^ « je ne vois jusque là a dans tout coci qu'une sédjlipn ; il y a loin d^una <i sédition à une révolution l... Ne pouvait^)! éloùfc( fer cette sédition? Pauvre Sélim! x» reprtnâitp^I

sans cesse, puis il se promenait dans la chambre, et après un moment de silence il se promenait de nouveau.

c( Sultan Sélim a manqué de génie pour fonder « le bien qu'il a conçu, » reprit-il. « Qu'est-ce que « tout cela deviendra? Ses sujets sont des parricides, « il était trop bon, trop supérieur à eux, ils le ren- « versent ! qu'est-ce que tout cela deviendra? » répétait-il en se promenant avec plus de vivacité. « Quelle est votre opinion, à vous? L'empereur « Alexandre ne sait pas un mot de ces événements, «je vais les lui apprendre, cela l'intéresse. Aller « dormir , vous devez être fatigué. » •

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Napoléon, tout entier alors à sa passion de lutte à mort contre l'Angleterre, dont il détestait les principes libéraux de gouvernement, et qu'il voulait murer ou étouffer dans ses îles, ne tarda pas à oublier le cri de pitié momentané que lui avait arraché la catastrophe de Sélim.

Un historien, M. Thiers, Quinte-Gurce de cet autre Alexandre, trop séduit par l'éclat de son héros pour ne pas admirer jusqu'à ses vertiges diplomatiques, raconte les entretiens de Napoléon

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