‹ Histoire de la TurquieChapitre 242 sur 360 · LIVRE TRBNTE-€INQUiÉME. i · texte numérisé non relu

LIVRE TRBNTE-€INQUiÉME. i

)artage avait été discuté, couime on vient de le voir ; nais il semblait incomplet. La Russie avait les bords lu Danube jusqu'aux Balkans; Napoléon avait les )rovinces maritimes, telles que l'Albanie et la Aovée. Les provinces intérieures, telles que la îosnie, la Servie, étaient données à TAutriche. ^a Porte conservait la Roumélie , c'est-à-dire le ;ud des Balkans, Constantinople, TAsie-Mineure, 'Egypte. Ainsi, d'après ce projet, la clef des mers ît, dans l'imagination des hommes, la vraie ca- )itale de l'Orient, Constantinople, tant promise lux descendants de Pierre le Grand par l'opinion iniverselle, opinion formée des espérances des dusses et des craintes de l'Europe, Constantinople •estait, avec Sainte-Sophie, aux barbares de l'Asie. « Alexandre y revint plus d'une fois, et un parage plus complet, qui eût donné à Napoléon, outre a Morée, les îles de l'Archipel, Candie, la Syrie, 'Egypte, mais Constantinople aux Russes, lui aurait )lu davantage. Toutefois, Napoléon, qui croyait en ivoir assez fait, trop même, pour s'attacher le jeune împereur, ne voulut jamais aller aussi loin. Céder Constantinople, n'importe à qui, fût-ce à un ennemi déclaré de l'Angleterre, laisser faire ainsi à quelqu'un, lui vivant, la conquête la plus éblouissante r|ui se pût imaginer, ne devait pas convenir à Napo-

léon. Il pouvait bien, comme obéissant à une tendance naturelle des choses, et pour résoudre beaucoup de difficultés européennes, pour se donner enfin une puissante alliance contre TAngleterre, il pouvait bien permettre au torrent de Tambition russe de venir battre le pied des Balkans, surtout dans le désir de détourner ce torrent de la Vistule ; mais il ne voulait pas lui laisser dépasser ces montagnes tutélaires. Il ne voulait pas que ToBuvre la plus éclatante des temps modernes fût accomplie par quelqu'un à sa face, à côté de lui 1 II était trop jaloux de la grandeur de la France, trop jaloux d'occuper à lui seul l'imagination du genre humain, pour consentir à un tel empiétement sur sa propre

gloire.

a Aussi , malgré l'envie de séduire son nouvel ami, il ne se prêta jamais à un autre partage que celui qui enlevait à la Porte les provinces du Danube mal attachées à l'empire, et la Grèce, déjà trop réveillée pour subir longtemps le joug des Turcs,

« Un jour les deux empereurs, au retour d'une longue promenade, se renfermèrent dans le cabinet de travail , où se trouvaient étalées de nombreuses cartes de géographie. Napoléon, paraissant continuer une conversation vivement engagée avec Alexandre, demanda à M. Menneval une carte de

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