LIVRE TRENTE-CINQUIEME. i
« Prince, 0 lui dit Sébastiani, a vous avez bien fait (X de vous confier à la France , la reconnaissance « de Tempereur vous élèvera iien haut. »
Sébastiani courut à la Porte^ protesta, s'iàdigna^ intimida Témir akhor, et obtint de leur terreur k rupture de la négociation et Téloignement de lord Paget. Tout fut ajourné avec TAngleterre, rien ne fut rompv,
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L'émir akhor et le sultan découvrirent promptement le traître qui avait livré les [âèces et qui les traduisait à Sébastiani. Le lendemain du jour où il croyait avoir conservé son crédit à la Porte, tout en «'assurant pour l'avenir la faveur de la France, le prince Soutzo, assis dans le palais du grand vizir, liu fond de la loge obscure où les drogmans de TÉtat attendent les ordres de leur maître, jouissait de son succès et se croyait sûr de l'impunité. Un ordre du caimakam vint l'interrompre dans ses plans de grandeur. Il y vola, croyant qu'il s'agissait de traduire quelque pièce diplomatique. Le reïs-effendi, < ministre des affaires étrangères, lui fait suivre; il le mène en silence devant le n Celui-ci, sans lui parler, le montre du
lo2 HISTOIRE DE LA TURQUIE,
bourreaux, toujours présents, qui s'emparent de lui. En vain il demande quel est son crime. On ne daigne pas lui répondre. Les bourreaux le chargent de coups de fouet et le traînent pâle et souillé de poussière sur la place des supplices d'État, devant la grande porte du sérail. Sa tète, tranchée et déposée en signe d'infamie entre ses jambes, resta trois jours exposée avec son cadavre en exemple aux Iraîtres et en horreur au peuple. La Porte confisqua ses immenses richesses, exila sa famille errante, qui ne fut pas même recueillie par la pitié de Napoléon.
Prompte et terrible justice du secret de PÉtat, livré par ambition aux étrangers !
C'est alors que le général Sébastiani, dégoûté de la politique inconsistante qu'on lui traçait de Paris et de Tilsitt, et dont on intervertissait le lendemain lès voies, écrivait dans ses dépêches confidentielles, où nous puisons une partie de ce récit :
tt La France a abandonné son ancienne politique en Turquie, elle|passe sous silence Pempire ottoman dans les conférences et dans le traité. — Il faut peu compter sur les Grecs, tous dévoués à la Russie, » ajoute cet ambassadeur; » ils flattent la France pour devenir princes ou hospodara; et la trahissent après ; j'excepte Soutzo et Callimaki.
« Le sultan Sélim, dit-il ailleurs à Napoléon, est