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LIVRE TRENTE-SIXIÈME

Le général Sébastiani avait vaincu, grâce à Tinterprèle du divan, Tindiscret Soutzo; mais le caïmakam Taïas-Paehaet le muphti se vengeaient sourdement de leur déférence apparente à Tinfluence de cet ambassadeur. Sébastiani s'éloigna d'une scène qu^il ne pouvait plus dominer et que la mort récente de sa jeune femme lui rendait odieuse. Le sérail resta livré à ses propres intrigues, l'empire à son entraînement vers l'Angleterre. LecaimakamTaïas-Pacha, luttant en vain d'une part contre les insatiables avidités des eunuques, des favorites, des grands

officiers du sérail et du harem, de l'autre contre la rivalité du muphti et de Cabatchi-Oghli , tantôt unis, tantôt divisés, céda aux diflicullés qui le pressaient, déposa le pouvoir et se retira à Rustschuk, auprès de Mustapba-Baraiktar, qui regardait de loin ce règne avec indignation et mépris.

La capitale resta libre aux menées du muphti et ouverte aux yamaks de Cabatcbi-Oghli. Le sultan s'ennuyait de son oisiveté et de ses pompes dans ses maisons de plaisance. L'infortuné Sélim, oublié dans l'appartement des princes déposés au sérail, gémissait sur la décadence de l'empire, se consolait dans l'amour de quelques sultanes de son harem, et s'efforçait d'inspirer à son jeune cousin Mahmoud, la passion toujours vivante en lui dont il était possédé pour la régénération de TOrient.

« Plus heureux que moi, » lui disait-il sans cesse, a ton enfance te préservera du supplice qui attend a tôt ou tard les princes de notre race redoutés de « celui qui règne. La Providence nous a réunis pour a que le flambeau de la nouvelle civilisation, qui A s'est éteint avec mon règne, se rallume un jour « dans ta main. »

Mahmoud, prince généreux, que l'infortune et la vertu de son cousin attachaient de jour en jour davantage, gravait ses conseils dans sa mémoire^ et

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