‹ Histoire de la TurquieChapitre 251 sur 360 · LIVRE TRENTE-SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SIXIEME

Ruslschuk, « n'exige plus la présence de Tarmée a sur le Danube ou au pied du Balkan ; l'étendard « du Prophète semble inutilement et honteusement « exilé de la capitale. Marchez de vous-mêmes pour « le reporter en son sacré dépôt dans le palais du « sultan. Je marcherai à quelque dislance derrière c( l'armée pour la soutenir au besoin, si on lui fera mait les portes de Constantinople. J'entrerai sur « vos pas, mais je ne resterai à Stamboul que le « temps nécessaire pour refréner les vils yamaks , a notre honte à tous, et pour affermir le pouvoir c( ministériel régulier dans vos mains. »

Ce plan, simple et énergique comme la penséed'un soldat, ne souffrait pas d'objection. Mais il dépendait d'un seul homme de le faire avorter ou de le changer en guerre civile sanglante, en fanatisant les deux millions d'hommes qui habitent Constantinople et les villes voisines.

Cet homme, digne au moins par son influence, par son génie et par son audace, de contre-balancer Baraiktar, était Cabatchi-Oghli, le tribun militaire de cette longue sédition d'un an. Deux conseillers habiles et rusés de Baraiktar, Ramis-Pacha et Taïas-

Pacha, revenu avec son ami de Rustschuk^ pour lui prêter son expérience et pour le préserver des pièges, proposèrent un plan qui coupait la résistance dans sa racine. Ce plan, aussi féroce que téméraire, répondait complètement au caractère aventureux et sauvage de TAlbanais. On l'adopta.

Il fut convenu que pendant la marche des deux armées vers Gonstantinople, par la vaste plaine qui conduit d'Ândrinopleà la mer deMarmara, undétat chementde cavalerie, composé d^une centaine d'AU banais d^élite, se porterait rapidement et secrète* ment, en marchant surtout la nuit, par les monta* gnes à gauche de l'embouchure de la mer Noire, au château de Fanarki. Cette forteresse, bâtie sur le Bosphore, à l'endroit où il s'engouffre dans le canal de Constantinople, était commandée par Cabatchir Oghli. C'est de là qu'il lançait ses yamaks, qu'il ourdissait ses trames et qu'il intimait ses valontés au muphti, au sérail et aux janissaires. Une maison du village de Fanarki, au pied du château , lui servait d'asile ainsi qu'à sa famille. Un intrépide Albanais, nommé Hadji-Ali, homme dévoué jusqu'à la démence au pacha de Rustschuk, se chargea de commander et de diriger ce détachement, dontcht* (|ue cavalier était décidé au martyre. Le grand vinr remit à Hadji-Ali un firman qui l'autorisait àélran»

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