‹ Histoire de la TurquieChapitre 254 sur 360 · LIVRE TRENTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SIXIÈME

De là, le grand vizir Ibrahim envoya au sultan le ministre des affaires étrangères, Galib-Effendi , homme impassible et rompu à la dissimulation des cours. Il était chargé de dire à Mustapha IV que son armée et celle du pacha de Rustschuk venaient uniquement pour délivrer leur souverain, la capitale et Tempire de l'insolente oppression d'un ramas d'Asiatiques qui déshonoraient le nom pttoman; que, bien loin de vouloir faire violence à lui ou à son trône, ils lui offraient leur sang pour laver les affronts dont les yamaks avaient souillé son règne. Ils le priaient de leur accorder trois choses en gage de réconciliation : la destruction du corps des yamaks, la déposition du muphti, organe de leur tyrannie, et enfin le pardon du mouvement qu'ils avaient fait faire à l'armée en devançant ses ordres et l'oubli d'une désobéissance qui n'était qu'un dévouement téméraire à sa volonté présumée.

Le sultan, qui s'attendait à la déposition et à la mort, respira en écoutant des paroles si respec-

tueuses, présage d'un changement de gouvernement qui lui importait peu et d'un règne continué sous d'autres ministres. Il se hâta de prononcer le licenciement des yamaks, la punition de leurs chefs, la (Icposilion du muphti. Hadji-Ali se vit délivré dans sa tour par la mort des officiers qui Tassiégeaicnl; le muphti paya, par la spoliation de son trésor et par un lointain exil, sa courte et criminelle domination.

Le sultan chercha à deviner quels étaient les hommes de son gouvernement ou de son sérail dont la perte et les dépouilles complairaient le plus à Baraiktar. Il se hâta de les sacrifier. Le lendemain il se rendit en pompe au camp du Grand-Ponl, sous })rélexte d'y recevoir l'étendard sacré. Il cafessa Baraiktar, en qui il voyait son vainqueur et son inaiire. Le pacha de Rustschuk masqua de même^ par un respect grave et affecté, la pensée qui cou* vail dans son cœur et qu'il n'était pas Theure encore de révéler. La révolution parut finie. L'ombre seule de l'armée du grand vizir et de Baraiktar avait fait évanouir la faction des ennemis de Sélim. Le grand \izir et le divan reprirent leurs fonctions au nom de Mustapha IV. Baraiktar resta h la tète de Tarmée, et continua à camper avec les troupes à Daoud- Pacha, station ordinaire des campements, aux portes

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