‹ Histoire de la TurquieChapitre 257 sur 360 · LIVRE TRENTErSlXlÊMB. i8s · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTErSlXlÊMB. i8s

et triompha,, et les honneurs rendus à la relique de la nalioui couvrit Baraiktar et se3 troupes d'applau» dissements et de fleurs, Les janissaires qui gardaient la porte du palais s'ouvrirent respectueusement pour laisser passer Tétendard du Prophète. Baraiktar, profilant de cet étonnement des janissaires, fit en* trer dans la première cour du sérail une nombreuse colonne de son armée. C'était la première fois qu'une armée violait cette enceinte. Le pacha, en s'emparant ainsi du palais, espérait prévenir toute résistance et toute effusion de sang. Mais il lui res*tait encore deux cours à traverser pour arriver jusqu'au sérail.

Le général des bostaniljis, corps d'environ deux mille hommes qui garde le^ enceintes intérieures du palais, étonné d'une audace dont il commençait à craindre les suites, fit former précipitamment les portes do fer de la seconde cour, qui renferme le palais des icoglans et les demeures des principaux officiers et des gardiens du palais. La colonne s'ar* réta devant cet obstacle inattendu. Le pacha de Rustschuk, écartant toute réserve et perdant toute mesure, ordonna à ses sapeurs d'enfoncer les portes. Aux premiers coups portos par les sapeurs, le chef des eunuques blancs, qui commando cette partie du sérail , montra sa tcte pâle d'effroi au-dessus des

ISG HISTOIRK DE LA TURQUIE.

créneaux de la porte, et demanda d^une voix grêle (^t tremblante par quel ordre on voulait ainsi forcer Tcnceinte sacrée conûée au respect de tous les musulmans.

c( Ouvre la porte, esclave, » répondit Baraiktar d'une voix tonnante, « sinon à moi et à mon armée, « au moins à Tétendard du Prophète. »

L'eunuque descendit pour obéir, mais le commandant des boslandjis, arrachant des verrous les faibles mains de l'esclave intimidé, répondit à travers la porte à Baraiktar qu'on n'ouvrirait que sur l'ordre du sultan.

(( Du sultan ! » répondit d'une voix courroudfe l'impatient Baraiktar; a et de quel sultan oses-tu (( parler? Il ne s'agit plus du sultan Mustapha, vil a esclave : c'est au sultan Sélim, ton maître, que tu « dois désormais demander des ordres ; c'est lui qui « est notre empereur et le tien. Nous venons Tarra- « cher à ses ennemis, déposer nos armes à ses pieds « et le replacer sur le trône de ses ancêtres. »

Et il ordonna de faire entrer les pièces de canon pour enfoncer les portes.

Cependant le bruit de cette altercation, la voix retentissante du pacha de Rustschuk, les cris des soldats aflidés dont il était entouré et qui redemandaient avec fureur leur sultan Sélim, le roulement

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