‹ Histoire de la TurquieChapitre 259 sur 360 · LIVRE TRENTE-SIXIÈME. i · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SIXIÈME. i

IX portes du kiosk des princes captifs. Séparés du ;u du tumulte par les deux cours, par le palais et ir un jardin du sérail, ils ignoraient les événeenls de la journée. Les clameurs môme de l'armée avaient pas troublé le silence de cette partie de enceinte. Leurs esclaves ouvrirent sans soupçon au islar-aga. Le chef des bourreaux trouva le sultan îlim à genoux sur son lapis et faisant la prière des lusulmans au milieu du jour. Ce prince, au visage 11 kislar-aga et à l'aspect des eunuques qui le suilient, reconnut la mort ; il s'y attendait. Il s*y ^it résigné depuis l'heure où il était descendu du ône. Il n'adressa ni une plainte, ni iin cri de gràcô ses bourreaux, ni un reproche au ciel. Il demanda îulement qu'on lui laissât le temps d'achever sa ricre, pour que son âme remontât plus calme et lus sancliDce à son créateur.

Mais le chef des eunuques, pressé dé délivré!* [ustapha IV du seul compétiteur qui pût lui disater le trône, refusa durement cette dernière linute de temps à son ancien maître, et ordonna ix bourreaux de Tétranglcr. Ils se précipitèrent ir ce prince et le renversèrent sous leurs genoux ir le tapis. Séllm, plus indigné du refus du kislarra et de Timpatience de ses meurtriers que de la tort môme, leur disputa sa vie avec acharnement.

Doué de toute la vigueur de sa race, accrue encoiv par les exercices militaires auxquels il s'était exercé pendant sa jeunesse et que le désespoir redoublait en lui, il se releva sous les genoux et sous les bras des exécuteurs, il en renversa trois sur le pavé, et il luttait avec les autres, quand le kislar-aga, voyant la lutte indécise, se précipita sur lui et fut renversé à son tour. Mais ce noir féroce, se relevant, le saisit par le cou, le fit évanouir de douleur et tomber sans connaissance à côté de lui. Les bourreaux, profitant de cet évanouissement, se hâtèrent de serrer le lacet fatal. Sélim expira sans avoir senti une seconde fois la mort.

Le kislar-aga et les bourreaux l'apportèrent dans leurs bras et le déposèrent aux pieds de Mustapha IV, dans le divan, où ce prince impatient attendait le corps de sa victime. Il parut jouir, en le contemplant, de la certitude du trône; et, se retournant pour passer dans son harem, il dit avec dédain à ses serviteurs :

« Ouvrez la porte maintenant et remettez à Mu«- « tapha-Baraiktar le maître et le souverain qu'il « demande. »

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