‹ Histoire de la TurquieChapitre 260 sur 360 · LIVRE TRBNTE-SIXIËME. IVl · texte numérisé non relu

LIVRE TRBNTE-SIXIËME. IVl

Les euuuques ouvrent la porte ; Baraiktar se pré* pile le premier pour tomber aux genoux de élim!... Son pied heurte le cadavre étendu sur le îuil. Il recule d'horreur, et levant les bras au ciel : « Malheureux! qu'ai-je fait! » s'écrie-t-il. «0 mon maître! j'ai voulu vous rétablir sur le trône de vos ancêtres, et ma fidélité n'a fait que précipiter votre mort! Était-ce là le sort que le ciel devait à tant de vertus ! »

A ces mots, il s'agenouille devant le cadavre de élim, il l'entoure de ses bras, il lui baise les pieds t les mains, il arrose son visage de ses larmes et anglote comme un faible enfant. Ses soldats eonternés et muets s'écartent d'horreur, demeurent ïimobiles et mêlent leurs larmes à celles de leur énéral.

Mais ces larmes étaient un danger, elles consumaient le temps que les partisans de Mustapha IV H)uvaient saisir pour raffermir le respect par la nécessité de conserver cette dernière goutte de ^g ottoman. Baraiktar, découragé, savait à peine •Oiirquoi il agirait encore depuis que le prince ^oré, pour lequel il avait tout fait, gisait inanimé

à SCS pieds. Sa révolution ne valait plus la peine d'ôlre achevée. Elle n'avait plus d'autre intérêt pour lui que sa propre sûreté et la sûreté de ses complices. Que lui importait, après le meurtre de Sclim, quel prince avili ou inconnu du sérail occuperait le trône? L'ambition n'était pas le mobile qui avait amené de si loin Baraiktar : c'était rami-* lié. Il aurait donné, pour ranimer Sélim, tout le sang qu'il avait risqué pour le couronner de nouveau.

Telles étaient les mornes pensées du pacha de Hustschuk^ tandis qu'il contemplait, la tête bais* sée et les bras pendants, le voile de soie jaune qu*on avait jeté sur le visage de ce prince. Baraiktar semblait lui envier ce linceul et demander au Prophète d'èlre enseveli à ses pieds.

Le capitan-pacha ou grand amiral Said, qos nous avons trouvé tout à l'heure au nombre dtf complices secrets de Baraiktar, moins attendri qM lui par une aflection moins vive pour Sclimi OOB* servant plus de présence d'idées, sentait le re(roi-| disscment hoslile des troupes inactives, la ma^j geance prompte cl inévitable de Mustapha IV. A^i

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