LIVRE THENTK-SIXÏÈME. l'j.j
ivoir laissé quelque cours aux larmes élu général, l le prit par le bras, et le secouant fortement :ommc pour l'arracher à un rôve :
«Est-ce au pacha de Rustscliuk, » lui dit-il :out bas, « de pleurer comme une femme? C'est « une vengeance, et non des pleurs, que le sultan « Sélini attend en ce moment de nous. Punissons c< ses meurtriers ! et surtout ne donnons pas au « sanguinaire Must<q)ha, cjui n'a pas recule devant « la mort de son bienfaiteur et de son cousin, fc d'achever son crime en égorgeant son jeune frère a Mahmoud. »
Baraiktar, rappelé comme d'un rêve par la voix du capitan-pacha, relève la tête, essuie ses larmes, reprend la physionomie, le geste, la voix dominatrice du général en chef et du chef de parti.
Il se tourne vers les soldats et vers la foule des serviteurs du sérail, des icoglans, des pages, des fonctionnaires qui entouraient le tapis mortuaire de Sélim :
« Qu'on saisisse Mustapha, » s'écrie-t-il, « quNm « proclame à sa plactî le jeune et innocent Mah- (f moud, sou frère, l'ami et l'élève de Sélim, <|ui
iUi HISTOIRE DE LA TURQUIE.
u respire encore, cl que les assassins de hon maîU'e M et ecu\ qui ont conseillé sa mort périi>s?eiit à M r instant s>us le sabre des bourreaux ! »
A «;el ordre, les soldais, le^ oi'iiciers du sérail. les s(iortait urs, roiirondus dans une luèine aniieu-, se précipitent les uns dans le palais |Hmr s'empan'i du sultan Mustapha IV, abandonné Aca sien^ n réliipié dans les bras de ses i'ennnos, les autres i tra\eis les jardins ou kiosks des princes onipnsojuiés, pour sauver et couronner Mahmoud H.
Tue longue ot cruelle incertitude, manifestée p.ii und«)ulourea\ silence, iv«ine en ce iiniiiienl pariia celte toule et parnn celte année qui attendait qu"leui iiinhtrAl un maitrti.
Oh ne iHMnailpa< Malnnmid; les bruits le> plu- .sinisfrt's se ré|»aiidiiienl dans e^îttc multitude. U:» croyait que les luMirreaux qui avaient tué Sélim a\aient en même lemps sacriiié le jeune prince à la sinelé ili mmi Irere Muslapba. Les esclaves l'u inile du kiosk ne pnuvaient donner aucun rensei- ! j»ni»ment sur son sort. Ceux qui parcouraient le? i appartements craignaient à cha(|ue pas de rencoiitr«'i N.'ulemcnt un cadavre de plus.
Cependant ces crinn-s rt ces terreurs avaieut eu* également Irompés.
Au moment ou le kislai -a;:a et les eunuques uoii^