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LIVRE TRENT&SIXIËME

raiktar à Mahmoud II. Le pacha de Rustschu^ , anéanti à la fois de douleur, de respect et de joie, ne se releva de la poussière qu'après que le jeune sultan le lui eut ordonné à plusieurs reprises, en le proclamant à son tour le vengeur de Sélim, son sauveur à lui et le grand vizir de l'empire.

Ainsi se termina cette révolution, la plus tragi-* que, la plus pathétique de toutes les révolutions qui changèrent jamais la face d'un empire, la seule peut-* être où les sentiments de cœur humain eurent plus de part que les opinions, les ambitions, la politique. Elle fut un augure de la décadence de ce corps funeste au repos et à l'honneur des Osmanlis, de Témancipation des souverains asservis aux turbulences de cette aristocratie de la plèbe, et du triomphe définitif de l'ordre et de la civilisation en Orient.

Baraiktar remplit de son nom le cœur et l'imagination du peuple. Tout s'inclina et trembla devant lui ; aucun grand vizir n'eut dans la main à la fois plus d'ascendant sur un maître enfant et reconnaissant comme Mahmoud II, ni plus de fanatisme dans son armée, plus d'autorité sur le divan et sur la capitale. Aucune rivalité n'était à redouter à côté

de lui. n n^ayail à craindre que Texcès de sa ptiis^

Bance et réblouissement de sa grandeur.

Il rommonça par venger Sélim lïl. La vefigeance,

que les races sauvages confondent toujours avec la

justice, est la première soif de leurs cœurs. Les

vainqueurs ne se croient pas justes tant qu'ils n'ont

pa« puni. Le jour même, trente-trois têtes des

ennemis de Sélim tombèrent sous la hflche des

bourreaux, et furent exposées devant la porte dli

sérail en expiation. Les hommes qui contemplé^

rent de près ces revirements soudains de la itioft

se retournant contre ceux qui venaient de frapper

pour les frapper eux-mêmes, purent distltiguef

parmi ces têtes celle du féroce chef des eunucttie^

noirs, le kislar-aga qui avait martyriâé et livrt

Sélim évanoui à ses bourreaux; à Côté, celle dfl

l'émir-aklior ou grand écuyer favori et conseiller de

Mustapha IV; enfin, celle du brave et fidèle com-

niandant dos boslandjis, qui avait fait fermer, contre

toute une armée, les portes du palais confiées à sa

garde.

Les Osmanlis, respectant la dignité turque dans le crime et dans le supplice , avaient placé la tête du chef des eunuques noirs sur un bassin d'ai^enf , h cause de son premier rang dans le sérail. On préripitîi dans le Bospliore tous les chefs des yamaks que

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