LIVRE TRENTE-SIXIËttE
là fuite ii^dtàit pas dérobés à la justice de Baraiktat*, etHadji-Alivinlrecevoirlarécompensedesondévoue» meut, La yeugeance tbètne alla chercher la compli-^ cité jusque dans le cœut des femmes, des favorites, des esclaves privilégiées du sérail de Mustapha IV. Celles qui furent dénoncées comme ayant témoigtié leur joie de la mort de Sélim, soit par complaisance, soit pat amour, soit par cruauté, furent livrées aut bourreaux, cousues dans des sacs et jetées dans la iner, sous les murs du sérail. Le flot les rejeta, plusieurs jours après, sur les bords de ces jardins où leur beauté et la faveur du sultan les avaient fait régner quelques mois. Une vingtaine de ces victimes furent ainsi immolées à la passion du pacha de Rustschuk pour le maître que la mort lui avait dérobé ; la puissance suprême n'était rien pour lui sans Sélim ; il ne jouissait que du droit de le venger, Il lui fit des obsèques dignes du souverain de soixante millions d'hommes. Elles furent accompa* gnéespar les larmes de Mahmoud II et deBaraiktar ; Un immense gémissement s'éleva tout le jour des quartiers deConstantinople et de la mer couverte de navires et de barques de deuil. Sélim III était adoré en secret de tous ceux qui voient dans la bonté la plus pure émanation de la divinité dans un prince. Les janissaires seuls le haïssaient, parce qu'ils
voyaient en lui le libérateur d'un peuple que leur secte voulait continuer à asservir. Son éloge était dans tous les entretiens. Des conteurs publics, répandus près des fontaines, dans les cafés, dans les cours des mosquées, racontaient au peuple ému, aux femmes, aux enfants, les circonstances touchantes de sa déposition, de son emprisonnement, de son amitié pour le jeune Mahmoud, de son combat dans le cachot, de sa prière, de son supplice et de sa mort ! On voyait dans ces récits son cadavre jeté en dérision à Tarmée et les larmes de Baraiktar. Jamais souverain n'eut un pareil cortège de pleureurs et de pleureuses, sans autre provocation que la pitié autour de son tombeau. C'était ce même peuple pourtant qui, treize mois auparavant, avait abandonné ce jeune souverain à la sédition d'un ramas d'Asiatiques, à l'oppression des janissaires, à la vengeance des oulémas. Mais la main de Baraiktar aval l brisé le sceau de la discrétion et de la timidité. L'amour éclatait dans les larmes.
Nous l'avons dit, Sélim III eut plus d'un rapport avec le dernier roi que la révolution française chargea d'accomplir les grands changements que son époque demandait, et qui le punit ensuite de lui avoir obéi, en le précipitant du trône sur Téchafaud. Il eut les audaces de Pierre le Grand, sans