LIVRE TRBNTE-SIXlfiME. SOI
voir cette féroce obstination qui les ensanglanta n les accomplissant. Tout réformateur doit être lontife ou soldat. Sélim n'était ni Tun ni Fautre. ^eux sans fanatisme^ courageux sans élan, homme e conseil, non d'exécution, aimant à délibérer avec es sages de son empire, et se confiant à ses instru* aents du soin d'accomplir ce qu'il avait pensé, la lature ne Pavait pas créé pour la lutte à mort avec me soldatesque organisée et tyrannique comme elle des janissaires; il sentait leur oppression, il onlut la détruire ; il menaça et n'osa frapper qu'à lemi. Sa douceur encouragea l'insolence. Il sucomba et l'empire avec lui.
Tel fut Sélim : un de ces princes que l'on pleure dus qu'on ne loue, une de ces victimes couronnées le regrets, que l'on expose après leur mort au )ied des trônes, pour apprendre à leurs successeurs l'imitation de leurs vertus et l'exemple de leur ;hute, hommes pour qui l'admiration est toujours jièUe de pitié.
Peu de jours après les obsèques de Sélim III, Baraiktar fit couronner Mahmoud II. Cette investiture de la souveraineté chez les Turcs n^est que la
marche solennelle du sultan dé son palais & la mù^ quée d'Aïonb, pour y ceindre le sabre de Mahomet. Clicz une nation de militaires et de conquérants, le diadome n'est pas sur le front, mais dans la main. C'est la poignée du glaive qui sert de sceptre aux jîls d'Othman.
Lo plus tendre intérêt s'attachait au spectacle de rot adoloscent à peine sorti de la captivité pour monter au trône sur les ruines de la fortune de son frcrc et en franchissant le corps de soîi ami. La beauté do Mahmoud II ajoutait un prestige de plus à son titre. Jamais les Turcs n'avaient vu sur le front de leur souverain plus d'augures d'une gWfldo destinée et plus de promesses de douceur et de force. Lo sultan n'avait pas encore seize ans; sa taille moyenne, souple et forte, avait cette agilité nerveuse que la molle réclusion du sérail affaisse tfop souvent chez les Orientaux. Son turban cachait des cheveux bruns qui révoldiont une mereCircasstétltlé. Sa barbe n'assombrissait pas encore le teint éclatant de blàiirliour et coloré de jeunesse que le sérail n'avait ni fli'lrnit ni ridr. Ses sourcils relevés par la fierté i\c sa race formaient l'arc d'Othman sur ses yeux. Vw feu doux, mais mobile et pénétrant, jaillissait de son regard. Ses lèvres étaient fermées, son soul'ire empreint d'une gracieuse supériorité.
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t!n ftH&ge de tristéMë tètttt'éfâit sa phy^ofMffiie, On Yoyait qn'il é^ souvenait de la prison ât qu'il méditait des choses lointaines. Ses épaules làt^s^ ses bfts bien noués aux épaules, ses jambes un peu ftfquées par le chetal et pat* la posture des musul* tnanft sttr le divan étaient courtes et agiles. Il nfa-» niait avec dextérité l'étalon turcomàn, dont la cri-* nière entrelacée de perles, et la queue teinte de henné i*ôse, balayaient les flancs. Tel il était selon le récit d'un des icoglans, qui me transmettait, en 1834, le souvenir de ce premier jour de son règne; tel je le contemplai moi-même plus tard, fttécJ Texpression du génie laborieux, souffrant, mais përsévéttiilt sur les traits.
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Baraiktar semblait couver de Tœil la jeunesse de Mahmoud et protéger son règne d'une forêt de sabres. Pour la première fois un grand vizir osait mêler l'aspect des armes aux pompes civiles et religieuses du couronnement du souverain. Les janissaires eux-mêmes n'y paraissaient (|u^un bâton blanc dans la main, afin de bien montrer à Tempiré que le trône vient du droit, de l'hérédité, non de la force.
Mais le pacha de Ruslschuk , soit crainte d*un soulèvement des partisans de Mustapha IV, soit reconnaissance aux soldats qui avaient purgé et relevé le trône, soit habitude d'un guerrier qui ne voit rien de plus splendide que les armes, viola cette étiquette de TOrient. Il se fit précéder et suivre de trois cents de ses cavaliers albanais armés de fnsilsi de sabres et de poignards, et le pistolet à la main. Un murmure des janissaires et du peuplé attesta le mécontentement que cette inconvenance excitait sourdement dans les cœurs. On y voyait TafiTectation d'une prédominance des Albanais, compatriotes de Baraiktar, sur les autres troupes, et un manque de respect au sultan. C'était là, disaient les ennemis encore timides de la révolution, le geste de mépris d'un aventurier albanais au peuple et de défi à son jeune souverain.
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Le grand vizir composa son ministère à son gré. On s'attendait à y voir entrer les prindpauz complices et les instruments les plus habiles et les plus actifs des derniers événements, Taïas-Pacha, cet ancien caîmakam de Mustapha, réfugié àRustschuk,et dont le ressentiment avait éclairé la vengeance de