LIVRE TRENTE-SIXI&ME
raiktar, Sayd, le capitan-pacha, traître à son der- ^ maître pour restituer Tempire au prenuor. Il 3n fut rien.
Soit que Baraiktar redoutât les talents de ces •mmes vendus à deux règnes^ soit qu'après s'être m d'eux pour accomplir son œuvre , il vout les punir de n'avoir pas toujours été fidèles à lim III, Taîas-Pacha eut le supplice pour prix de 9 inspirations et de ses service. Sa tête, tranchée r }esbourreaux^ prit sur les murs du sérail la place
la tête de l'eunuque noir. Le capitan-pacha fut ilé sur un rocher de l'Archipel. Ramis-Pacha et gdjy-Eflendi, seuls des confidents et des instrusnts de Baraiktar, partagèrent sa fortune. Rais fut nommé par lui grand amiral à la place
Sayd. L'habile et courageux Begdjy-Effendi fut 3vé au rang de ministre. Quant au grand vizir, rêté par lui dans son complot, Baraiktar mépriit assez sa simplicité pour lui laisser la vie et ses ens. Il lui permit, sans colère et sans reproche,
rentrer dans l'obscurité dont le hasard d'une volution l'avait tiré , homme loyal, mais faible, li n'avait su qu'obéir en gémissant à la double ipulsion de deux maîtres.
m HISTOIRE D4 Là TURQUip.
L'œu\Te principale de Baraiktar pour Taff^iiiisscincut do ^oi\ pouvoir et pour rindépendancfl du Irùae élait la réforme ou rexlinction des janis!? saires. Jusque-là son pouvoir n'était qu^m fioup dd Hiaiu projeté, et le sultan, que le jouet aujourd'lttt adoré, demain brisé, d'une soldatesque. UconfiflsoQ plan au sultan, déjà pénétré de la nécessité de celta réforme par les trois catastrophes dont son enfance avait été victime, plus encore par les récits et l«ft leçons de Sélim III. Ramis-Pacha et Begdjy-sEflinuU partageaieut la haine et le mépris dQ Bar|{)Uiur et des hommes éclairés contre ce corpSi, jQe u'étiiit pas tout d'avoir balayé les yamaks, il fallait (^fP^^uiifir les janissaires. L-n moment intimidés par la mort de Cabalchi-Oghli et par l'ascendant de Baraiktar et de ses Albanais, ces turbulents prétoriens ds Constantinople ne tardèrent pas à remuer et à s'imposer au divan.
Décider cette race orgueilleuse et paresseuse, maiti^esse des villes et des casernes, à se réibnner ellc-môme et à se soumettre aux rudes exercices deâ camps, aux sévérités de la discipline, c'était audessus des forces d'un gouvernement. Le seul moyen
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de lefi réformer était de les détruire ou de les coutre-balancer par des corps réguliers et disciplinés , armés et formés sur le modèle des troupes d'Ëu-^ rope. L'esprit de corps et la rivalité naturelle qui s'établirait entre les anciennes et les nouvelles milices serait pour un sultan habile^ persévérant et intrépide, Tappui de ses réformes et le but de son indépendance. Baraiktar et ses deux collègues con-* curent de loin ce plan d'affranchissement de la sou<« teraineté et de lu nation. Us en pénétrèrent l'esprit de Mahmoud II, et l'on peut dire que l'extinctiou préméditée des janissaires, exécutée avec un hé-* ro'isme de résolution antique par ce prince, fut encore l'œuvre du pacha albanais.
Il fallait Gointéresser l'empire tout entier, et surtout les provinces si souvent ravagées et humiliées par les janissaires, à cette entreprise. Ce n'était que par la manifestation unanime de l'esprit national qu'on pouvait étonner et comprimer les résistances des grandes villes ou les janissaires régnaient sans rivaux.
bans cette vue, Baraiktar convoqua, par un kat^ ti-schérif du sultan, les personnages notables de
toutes les provinces de Tempire, prenant exemple de Louis XVI ^ quand ce prince voulut, par la force de Topinion générale de son empire exprimée dans une assemblée^ imposer aux privilégiés, aux aristocrates, et corriger les abus invétérés des siècles. Bien que le despotisme existe au sommet de TËtal en Turquie, et qu'il règne aussi par délégation aux pachas aux extrémités, cependant les autorités municipales, les autorités paternelles des scheiks sur les tribus, les autorités héréditaires et féodales de certaines grandes familles sur leurs provinces et sur leurs domaines, composent TÉtat d'une multitude décentres d'action, indépendants les uns des autres et dépendants seulement de TËtat lui-même. La conquête a soumis, mais n'a pas effacé ces magistratures populaii^s, électives, féodales, répandues sous des noms divers sur l'universalité de ce vaste empire. La Turquie, bien étudiée par l'observateur et par l'historien, n'est qu'une fédération d'éléments divers et incohérents, reliée au sérail par la main toute-puissante qui serre la poignée du sabre impérial.
L'opinion publique, en matière d'administration et de gouvernement, s'y compose donc de Fassentiment exprimé ou tacite de cette variété de pouvoirs, publics héréditaires, paternels ou féodaux, qui