‹ Histoire de la TurquieChapitre 267 sur 360 · LIVRE TRENT&3IXlfillB · texte numérisé non relu

LIVRE TRENT&3IXlfillB

t; ^lipMMit ld9 populations sous la volonté supérieure ,41 in^ésistible du sultan. Mais les sultans, trouvant plus fadla* et plus traditionnel de gouverner cas populations par leurs pouvoirs propres et habituels, n'ont jamais songé à les remplacer par des fonctionnaires directs. Contents d'être obéis dans la personne de leurs vizirs, de leurs pachas, de leurs ^iéraskers, de leurs gouverneurs de provinces; de cfieivoir les tributs, de recruter les contingents de troupes pour la guerre, de matelots pour la flotte, ils se servent des instruments tout créés par les mœurs, que le temps, les pays, les races, leur ont offsrts pour le gouvernement. On conçoit qu'une reppésentation générale de toutes ces races, pro^ vinces, tribus, familles investies de Pputorilé sur leurs différents groupes de population dans l'empire, devait imprimer un immense caractère d'autorité, de volonté générale et de sentiment national, aux réformes sur lesquelles le sultan allait les consulter. Ses ordres pèseraient sur la capitale et sur les janissaires du poids du pays tout entier.

Ce fut la pensée de Baraiklar. Elle consola les hommes éclairés, elle éblouit les hommes ignorants, elle scandalisa les oulémas et les prêtres. Elle porta dans l'âme des janissaires et de leurs partisans une terreur qu'ils n'osaient encore exprimer ; la popuyuu **

lariié du jeune sultan^ le nom de Baraiktar et la présence de son armée de seize mille Albanais aguerris, campés aux portes de Gonstantinople , comprimaient jusqu'au murmure dans les cœurs.

De toutes les parties les plus reculées de l'empire, les chefs de villes, les ayams (espèces de maires), les scheiks de tribus, les représentants des grandes familles princières des provinces de PAsie- Mineure, de TAnatolie, de laRoumélie, des îles, les gouverneurs et les pachas secondaires arrivèrent à Constantinople, ou y envoyèrent leurs agents, leurs fondés de pouvoirs. Chacun d'eux, velu et armé selon les usages immémoriaux de sa race ou de sa contrée, était accompagné d'un corl^ imposant de fantassins ou de cavaliers, proportionné à sa richesse, à sa puissance ou à son luxe. Des caravanes éclatantes d'or, d'argent, de pierreries , d'armes bizarres, de turbans de toutes formes et de toutes couleurs, arrivaient à toute heure par les portes de la capitale. Elles dressaient leurs tentes autour de la ville, dans les faubourgs, sur les places. On eût dit le campement d'une croisade de toutes les familles de l'Orient prôte à marcher sur rOccideut.

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