‹ Histoire de la TurquieChapitre 27 sur 360 · LIVRE TRENTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIEME

Le 23 août 1703, le nouveau suitan Âchmet III^ reconquis par l'armée et le peuple, reprit plus en captif qu'en empereur la route de Constantinople. , 11 était plus jeune de douze ans que son frère Mustapha II. Ses traits, aussi beaux, étaient moins mâles; l'ombre du sérail y avait répandu sa pâleur, mais la liberté intérieure dont Taffeetion fraternelle de Mdstapha l'avait laissé jouir dans ses kiosks le préparait mieux à l'empire qu'on ne pouvait l'espérer d'un prisonnier de vingt-neuf ans. Une profonde dissimulation, masque nécessaire de l'âme

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dans un prince qui doit punir ceuxquirélèvenf^ la révolte au trône, était, dès son enfance, sa prt inière politique. Entouré maintenant d*une sédi tion triomphante et obligé de sourire au crime qn le couronnait, il couvait déjà dans sa pensée lavei geance de son frère et Texpiation des attentats doi il se sentait à la fois grandi et menacé. S

L'infortuné Mustapha II, sultan la veille, <:^ aiijonrd'liuij suivait son frère dans un araba^ cla j'iot grillé^ avec ses femmes et ses enfants j formai un cortège de trente voilures. Ainsi Constantinopl tdlait jouir des deux plus grands spectacles que I( vicissitudes des révolutions donnent rarement ei semble à un peuple, l'entrée triomphale d'un soi verain appelé au trône, et l'entrée lugubréP^jj^î souverain conduit à Téternelle captivité.

Pour mieux tromper l'opinion publique sur i vrais sentiments qui l'animaient envers les auteiU de la révolution, Achmet 111 répudia tous les serv teurs de son frère, s'entoura de tous les chefs ije I révolte, leur abandonna toutes les hautes chai^gi de la monarchie, et affecta môme d'éloigner sa mèn la sulUine Validé, à Rétimo, comme pour la pun

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