‹ Histoire de la TurquieChapitre 28 sur 360 · LIVRE THENTIÉMK. Mi · texte numérisé non relu

LIVRE THENTIÉMK. Mi

l'avoir eu trop de complaisance pour l'odieux Fei- M)ullab; le fatal conseiller de sa politique. A peine installé au palais, il ourdit la longue série de pièges ît d€[. supplices qu'il avait promis à son frère Mustapha II pour la vengeance du trône. Le nouveau ^nd vizir Ahmed-Pacha s'empressa de le seconder dans ses exécutions secrètes ou publiques pour racheter sa propre audace par le sang de ses complices.

L'aga des janissaires révoltés, Tchalik-Pacha, fut la première victime du ressentiment d'Achmet III et de la complaisance du grand vizir. Une fête dans les jardins du sérail servit d'embûche à Tchalik. Le sultan y ayant invité tous les vizirs et tous les pachasr, ordonna secrètement aux bostandjis d'éloi- B[iic$r,'4M)us un faux prétexte, leurs chevaux etjeurs k;uyers, qui ne franchissaient jamais le seuil de la porte des jardins. A la fin de la fête, le grand vizir »'approcHan(.de l'aga des janissaires, un caftan à la tnain, le décore de ce vêtement d'honneur et lui annonce que le sultan vient de le nommer gouverneur de Chypre. L'aga, étonné, voit dans cet honneur nn exil.

«Quel est donc mon crime?» s'écrie-t-il avec insolence; et, sans attendre la réponse, il s'élance vers la porte des jardins pour remonter à cheval,

appeler ses soldats à une seconde révolte ou pour fuir la mort qu'il pressent derrière ses pas. Ne trouvant ni serviteur ni cheval à la porte où il les avait laissés, Tchalik-Pacha court à pied vers la porte du Canon^ se jette dans une barque et commande à ses rameurs de ramer vers la côte d'Asie; mais au moment où les mariniers détachaient le calque du rivage, un chambellan et des bourreaui qui suivaient Taga se présentent, le saisissent, lui lisent le fetwa du muphti qui autorise son exécution, et l'étranglent avec le cordon de son sabre. Son cadavre jeté dans la barque épouvante ses complices. L'aga des spahis, Salih, époux d'une petite-fille de l'émir des Druzes, héritière de ses trésors, périt de même par la main des bourreaux. Chaque nuit, en se dissipant, révélait de nouvelles victimes.

Le grand vizir, après avoir prêté la main à tant fie meurtres, devenu également odieux aux deux partis, pesait au sultan. Le silihdar vint inopinément lui demander le sceau. Troublé par cet ordre, si souvent prélude de mort, le grand vizir ne pouvait dénouer de ses doigts tremblants le nœud du cordon qui suspendait le sceau sur sa poitrine.

« Pacha, mon frère, » lui dit le silihdar, «si tu ne « cherches pas à cacher tes trésors, tu vivras. » Le

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