‹ Histoire de la TurquieChapitre 270 sur 360 · LIVRE TRENTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SIXIÈME

« n'imposent aucun devoir de présence au drapeau, « sont vendus, troqués, escomptés par des juifs qui « emploient ces sangsues des compagnies pour sucer « la sueur du peuple laborieux. Il est temps que « ces hontes et ces rapines cessent. Le redoutable « sultan le veut, tout fidèle Osmanli doit le vou- « loir. Il ordonne par ma voix, conformément aux c( institutions primitives de cette milice :

« Que les grades n'y soient plus vendus, mais « conférés aux services;

« Que les casernes , devenues des lieux de dé- « bauches contre nature, soient purgées de ces « infamies et de ces commerces, et restituées aux « soldats de service ;

« Qu'aucune solde ne soit payée à tout janissaire « qui ne sera pas soumis au règlement militaire et « qui n'habitera pas la caserne ;

« Que tout janissaire soii soumis à la discipline « et au service du soldat;

« Qu'ils adoptent les armes dont l'usage a valu « aux chrétiens tant de triomphes humiliants pour « nous et uniquement dus à l'obstination desjanis- « saires à refuser de s'en servir.

« Je n'ignore pas que ces réformes vont faire c< murmurer des hommes puissants qui s'enri- « chissent de la honte de l'empire. Les vrais janis-

« saires les confondront. C'est dans leurs rangs que a le sultan veut choisir parmi les plus braves une a milice de seymen ou seghbans Janissaires adjoints, « chargés de régénérer les autres et dWrir aux (( armées musulmanes le modèle de rorganisalion « et de l'armement, qui seuls peuvent protéger son a peuple et son trône.

« Néanmoins, avant de commencer cette œuvre a de reconstitution de notre puissance militaire, le « padischah ou roi des rois à voulu connaître totre « pensée. Chacun de vous, en émettant son opinion « libre et réfléchie, va l'écrire et la signer, pour « qu'elle atteste àjamais votre inébranlable dévoue^ (c ment aux résolutions de notre malU[«. i

Ainsi parla le grand vizir; ses paroles correspondaient à la pensée secrète et presque unanime des représentants de la nation opprimée, vendue et livrée par cette milice. Peut-être néanmoins n*auraicnt-ils pas osé l'avouer sans Ténei^ie qui éclatait dans rame et dans la voix du pacha de Rusbchuk, sans la présence de ses troupes et de leurs propres détachements, et sans robligation où il les inellait de signer leur avis et de se déclarer eux-

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