LIVRE TRENTB*S1XIÉME
mêmes ennemis du sultan en résistant à ses dé^ sirs«
Toils signèrent sans autre observation qu^ufl murmut*e d'approbation. La plupart se sentaient vengés par la ruine d'une milice dont ils subissaient en silence l'oppression» Gadi-^Pachft promit au Viïii* de rester campé à Scutari, à portée de cânon dU ^ sérail, jusqu'à ce que les janissaires éusieîit obéii Garaman-Oghli et tchiapan^ghli laisslèfent èii reparlant chacun tltle partie de la (Cavalerie qui \éi avait acéompagnés à Constânlinople. Ali-Pacha Wp-» pela son lieutenant et ses détachements ^ de peut* de se trouver engagé dans la lutte ; ttials il combla d'or arraché à l'Albanie par seS CdticussiotlS lé trésor de Baraiktar et dtl sultan.
Tout le reste de l'enipire envoya des adresses d'ap^probation. Les janissaires, unanimémeut répudiés par l'opinion, se courbèrent sotis l'animadversîon générale des provinces et affectèrent quelques jours d'accepter avec empressement eux-mêmes la régénération de leur milice. Les oulémas se turent; lé nouveau muphti, choisi par Baraiktar, rendit uil fetwa ou bref sacré qui approuvait la transformation du corps et l'usage des armes européennes poiir la défense de l'empire, de la religion et dés lois.
Tout souriait au gtand vizir, dont la sagesse jiis-
qu'ici semblait éclairer l'audace ; cet excès de fortune l'éblouit. La soumission facile d'un peuple, étonné de ce qu'on osait contre ses préjugés, lui fil croire que ces préjugés étaient vaincus. Us n'étaient que comprimés et muets. L'intérêt et le ressentiment de trois cent mille janissaires et de soixante mille oulémas, répandus dans l'empire et concentrés surtout dans la capitale, ne pouvaient pas tarder à les réveiller. Ces sectes «déshonorées n'attendaient quedes fautes du grand vizir pour se retourner contre lui. Baraiktar, enivré de sa toute-puissance, en commit quelques-unes. Plus énergique que prévoyant, entouré de complaisants serviles, intéressés à le tromper pour le perdre, il ne vit pas avec assez de coup d'œil le premier reflux d'opinion qui commençait à ramper contre lui dans le peuple, dans les oulémas, dans les janissaires irrités et jusque dans le sérail du jeune Mahmoud II, qu'il humiliait par trop de hauteur. Prenant pour augure de son ascendant invincible tous les pas qu'il avait faits depuis le jardin du pauvre Bulgare, son père, et depuis rétrier du pacha de Rustschuk qu'il avait tenu jusqu'à la coupole du divan, second trône du sérail où il régnait, il se crut rinstniment de Dieu , il prit le fanatisme de lui-même , il méprisa tout ce qui lui était obstacle, se confiant pour tout