‹ Histoire de la TurquieChapitre 272 sur 360 · LIVRE TRENTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SIXIÈME

ranchir à Télan de son cœur et à la protection de on astre.

Ses ennemis^ d'autant plus dangereux quUls étaient plus muets en sa présence, s'aperçurent de îet enivrement et s'étudièrent à l'exagérer. Ils pardnrent même à semer dans l'âme du jeune sultan (uelque défiance des ambitions personnelles de son âzir, et quelque pudeur secrète de l'effacement de a majesté du monarque derrière la toute-puissance lu soldat.

Cependant Baraiktar n'apportait pas à la transformation des janissaires les temporisations , la mesure , les transitions de prudence nécessaires à toute réforme opérée sans révolution par un gouv^ernement. Il extirpait avant d'avoir déraciné les îbus, il expulsait brutalement des compagnies et les ortas les bons et les mauvais, sans égards pour les anciens services ; il tarissait les pensions ; il suspendait sourdement les soldes ; il donnait le murmure et le spectacle de la misère pour auxiliaire au mécontentement. Il encourageait mal les nouveaux soldats à s'enrôler dans les cadres réguliers. Il leur maFchandait les soldes et les équi-

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HVRE TRENTÏrSUlÉMi;, %H

s liiirems de^ Turcs, ait commupiqué ji h n(^ mquéranle Thabileté native da la race conquise , it que Tombre des sérails soit favorable par elleôme au génie lénébreuit de Tiulrigue, et que les lujurations naissent d'èlle&»môma8 du silence, et 3 la dUsimulation obligée des gouvernements àêth- )tiques.

Une de ces conspirations se formait contre lui, et lUiait même à ses plans les amis les plus zélés de monarchie d'Othraan.

Une témérité coupable de Baraiktar, si elle était pas un simple défl au peuple, acheva de les iharner à la perte d'un vizir qui semblait menacer n maître. Les khans de Crimée, de race tartare, •nt la seule branche de la famille des empereurs tomans qui puisse être appelée au trône, si mais le sang impérial venait à tarir à Constannople. Saïm-Ghéraï, vassal de Tempire et dernier, lan de la Crimée, était réfugié non loin de la ipitale. Au moment où les murmures de la ville et 1 sérail éclataient avec le plus de force contre insolent vizir qu'on accusait de vouloir effacer son iltan, Baraiktar, comme pour braver l'opinion, ou

comme pour montrer au sérail qu'il pouvait se passerau besoin d'un enfant sacré, envoya solennellement des présents presque royaux à Théritier éventuel du trône, Saim-Ghéraî, descendant de Gengis- Khan. Il semblait indiquer du geste un protecteur pour lui-même et un maître pour Tempire.

Cette témérité, vivement ressentie par le sérail et par les vieux musulmans, noua enfin contre lui tous les iils épars d'une conspiration qui cherchait en vain depuis quelque temps un centre commun pour se réunir. Les conjurés dépêchèrent des agents secrets dans les montagnes delaRouméliequi séparent l'Albanie de la Bulgarie, pour exciter les montagnards de ces Alpes à recommencer leurs incursions dans la Turquie d'Europe, et à menacer surtout les environs de Rustschuk. Ils poussèrent un aga de Philippopolis, ville importante au pied du Rhodope, homme célèbre par sa valeur et par ses brigandages, à se mettre à la tète des montagnards et à en former un noyau d'armée insurrectionnelle.

Le grand vizir, sans soupçon des connivences do la capitale à cette insurrection, honteux de voir sa propre ville et sa province ravagées par ces bandes

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