‹ Histoire de la TurquieChapitre 279 sur 360 · LIVRE TRENTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SIXIÈME

caïques et venaient sous les coups de fusil lui annoncer les événements. Il avait appris que le grand vizir, cerné de toutes parts dans son palais sans défense, ne pouvait plus rien pour lui-même. Il ignorait s'il avait péri dans les flammes, ou si, parvenu à s'échapper sous quelque déguisement ou les armes à la main, il était allé aux casernes de Daoud-Pacha, sur la route d^Andrinople, rallier une poignée de ses Albanais et de ses Bulgares pour revenir sauver une seconde fois son sultan. Un faubourg turc, trèspeuplé aussi, et un vaste champ de morts planté de cyprès, dominaient Tarsenal et entouraient de menaces et de dangers Tintrépide lieutenant du grand vizir ; il fit fermer les accès de l'arsenal, appela ses soldats de marine aux armes, ses officiers au conseil. Jeune, plein de feu et de lumière à la fois, jouissant sur ses marins, sur ses officiers, sur la flotte, sur le peuple même de ce quartier, d'une autorité de confiance et d'estime qui intimidait la révolte devant lui, il harangua ses cohortes, il les pénétra du respect qu'elles se devaient à ellesmêmes, du mépris pour l'indigne rôle de soldats séditieux, et leur fit prêter le serment de- n'obéir, dans cette incertitude et dans cette confusion de l'autre rive, qu'aux ordres directs qui lui parviendraient du sultan. Ses troupes se sentirent fières

de sa confiance et de leur discipline. Elles jurèreul

et tinrent leur serment.

Ramis-Pacha envoya un détachement à Levend- Cliiililv-, caserne située au-dessus des collines qui dominent Tarsenal, pourdégagerle corps des seymen réguliers et faire sa jonction avec lui. Il en dirigea un autre à sa gauche par les quais de Galata, pour se mettre en communication avec les artilleurs iidéles aussi die la caserne de Tophana, maître ainsi j)ar ces trois ponts défendus de toutes les collines et de toute la partie de la rive qui fait face au sérail et h Stamboul.

Par une manœuvre intelligente et hardie, il reprit Toffensive contre le foyer de la révolte. Il ordonna à deux vaisseaux de la flotte , armés et mouillés dans le port, de tourner la pointe du sérail, d'aller s'embosser dans la Propontide, en face de la caserne des janissaires, foyer de la sédition, et de foudroyer le palais de Paga, le quartier, les casernes et la réserve des factieux campés sur celte place. Enlin il dépêcha une chaloupe à Gadi-Pacba, campé à Cbalcédoine avec ses quatre mille Asiatiques réguliers. 11 lui ordonna de marcher sur le faubourg de Seutari, faubourg d'Asie vis-à-vis les jardins du Grand-Seigneur, d'y laisser deux mille hommes pour contenir ce faubourg, le plus fana-

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