LIVRE TRENTE^SIXIÈME
Entrons au sérail et lisons dans Tàme de Mahmoud.
Ce jeune prince, mûri par la captivité et par rétude, brûlant d'ardeur, mais contenu par la mo^ destie de son âge, était combattu entre deux sen* dments contraires. Effacé, humilié, contraint, menacé même quelquefois par la rude tutelle d'un soldat, plus fidèle que courtisan, il se serait vu avec une satisfaction secrète délivré par l'amour de son peuple d'un vizir qui commençait à lui peser. Mais généreux, loyal et reconnaissant, il n'oubliait pas qu'il devait tout à ce vizir; il aurait souffert de l'abandonner, il rougissait de le trahir. C'était pour l'indépendance de son trône que ce vizir combattait ou mourait en ce moment.
D'un autre côté, l'ombre de Sélim III lui montrait le triomphe des janissaires comme le prélude de l'asservissement du séraih, de la captivité, du détrôneraent, de la mort des princes, de l'anarchie de la capitale, de l'affaissement de l'empire. Tous ses souvenirs, tous ses sentiments, toutes ses prévisions l'animaient contre eux. Il tremblait aussi que leur triomphe ne fût le signal de sa déposition,
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Le sollao, fortifié dans son enceinte par les deux mille hommes de Cadi-Pacba et par le corps entier des seymen, que Ramis envoya aussi au secours du sérail, s'inspira de Texpérience et de Ténergie de Cadi, et forma son armée à Tabri de ses murailles^ prêt également à les défendre ou à en sortir selon les éventualités, les progrès ou raffaiblissemenl de Finsurreclion.
Les seymen furent postés sur les murs entre les créneaux, plongeant leur feu sur tous les abords des jardins. Les pages, troupe dévouée et fidèle, reçu-