‹ Histoire de la TurquieChapitre 283 sur 360 · LIVRE TRENTE-SIXIÈME. 24a · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SIXIÈME. 24a

rets une amnistie générale pour tous ceux du peuple et des ortas qui déposeraient les armes, en exceptant un seul homme de ce pardon politique, et en rejetant tout le crime de la sédition sur une seule tête. Cet homme était le faible aga des janisH saires ; en lui le corps entier eût été vaincu, i^ prouvé et châtié. Ce conseil sauvait à la fois le: sultan de la dégradation, la capitale des flammes, le gouvernement du joug brisé de cette milice. Il était accepté par les combattants de l'intérieur et du dehors. Le sultan penchait pour ce triomphe qui, en épargnant le sang des Osmanlis, lui épargnait à lui la cruelle alternative où on allait le pousser bientôt après, de se sacrifier avec l'empire, ou de sacrifier Mustapha à la sûreté de son règne. ,

Mais le bouillant Cadi-Pacha, voyant une victoire plus absolue prêle à être saisie dans le sang même des révoltés ri demi vaincus, s'indigna contre une telle prudence. Il se souvenait de l'affront fait à lui et à son armée au moment de la déposition du malheureux Sélim, quand les janissaires triompliants l'avaient contraint à reprendre honteusemont la route do ses vallées de l'Asie-Mineure. Il

avait soif de leur sang ou de leur honte à son tour. Il avait promis vengeance à ses troupes et aux cavaliers de Caraman-Oghli. Il proposa de former à l'instant dans rintérieur une armée d'agression , composée de ses plus intrépides régiments, précédés de quelques pièces de canon, suivis d'une cavalerie mobile et légère, de faire à travers la ville une expédition hardie qui briserait les derniers noyaux de la sédition, qui exterminerait les janissaires et qui éteindrait pour jamais dans leur sang et dans la terreur du peuple les germes et les habitudes de la révolte. Ce langage héroïque enleva tout le monde, fanatisa Tarmée et entraîna le sultan. Cadi- Pacha reçut le commandement de ce corps d'expédition*

xux

L'intrépide Asiatique forma aussitôt une colonne de quatre mille hommes précédés de quatre pièces de canon ; il fit ouvrir les portes et s'élança avec ses troupes, au pas de charge, au son des tambotors et aux applaudissements des gardiens, dés esclaves et des eunuques sortis sur la terrasse qui couronife la porte. Mahmoud lui-même, qui voulait sortir avec ses soldats, fut retenu par Ramis et par ses

Page 1