‹ Histoire de la TurquieChapitre 287 sur 360 · LIVRE TRENTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SIXIÈME

chercher à y recueillir les lingots d'or et d'argent fondus dans ce foyer de trois jours. En franchissant les diverses enceintes dont cette vaste demeure des grands vizirs était composée, quelques-uns parvinrent à travers un corridor creusé dans l'épaisseur d'une muraille en maçonnerie, au pied d'une tour, dont l'entrée était interdite par une porte de fer encore rougie. La soif du butin les porta à enfoncer cette porte à coups de haches et de solives changées en béliers. La porte, en tombant, leur ouvrit un étroit portique circulaire qui conduisait à un escalier. Ils franchirent les marches, et arrêtés trois fois par de nouvelles portes de fer, trois fois ils renversèrent cet obstacle pour monter plus haut,

La dernière porte enfoncée offrit à leurs yeux un trésor mille fois plus précieux à leur colère que l'or dont ils étaient si avides : c'était le cadavre de Baraiktar. Il était étendu entre l'eunuque noir, son confident, et la jeune Albanaise qu'il avait assez aimée entre toutes ses femmes pour vouloir la sauver seule ou pour lui faire partager sa mort. Des sacs remplis d'or et des écrins de pierreries jonchaient le pavé de la tour à côté des trois cadavres.

Ceux qui les avaient découverts reconnaissant le vizir, que la mort volontaire ou l'asphyxie n'avait point défiguré, appelèrent à grands cris le peuple

à jouir de ce spectacle. L'aga des janissaires et les principaux officiers se hâtèrent d'aller contempler le corps inanimé de leur ennemi. Us firent porter le cadavre en triomphe sur les épaules du paupla, et rélalcrenl comme un drapeau aux jeux dee seymen et des bostandjis qui regardaient du haut des créneaux du sérail ; puis ils le traînèrent par les pieds sur la place de TStmeidani oh ils Texpe* sèrenl trois jours aux yeux du peuple d8¥ant leur (^serne^ comme en expiation de la haine que ee grand homme leur avait portée.

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A la vue du cadavre du grand vizir, les défenseurs du sérail^ qu'on avait jusque-là soutenus par Tespoir de son prochain retour à la tète d'une armée libératrice, sentirent leur courage défaillir et les armes tomber de leurs mains. Les seymen et les Asiatiques de Gadi-Pacha crièrent du haut des cré* neaux au peuple, qu'ils avaient été trompés, qu'ils ne voulaient plus cx)mbattre contre les janissaires leurs frères et les défenseurs de la même religion. Ils jurèrent d'aller venger dans le sang de Ramis et de Cadi-Pacha, leurs généraux, le sang osmanli qu'on leur avait fait répandre.

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