LIVRE TRENTE-SEPTIÈME
La mort de sultan Mustapha IV et ravéneraent au trône du jeune et infortuné Mahmoud II, n'avait inspiré ni intérêt ni pitié à l'arbitre du monde Napoléon. Il continuait à flatter après la paix l'empereur de Russie Alexandre d'une part immense dans les dépouilles de l'empire ottoman, et à lui permettre de poursuivre contre le jeune sultan une guerre inégale en Valachie et en Moldavie.
« Les Turcs, » dit Thistorien que nous avons déjà cité, « paraissaient depuis la chute de SélimlII arrivés au terme de leur existence; Napoléon se
demandait s'il ne fallait pas en finir avec cetle rnin(^ toujours menaçante ; il se demandait encoro si ce n'était pas le cas de s^emparer de tous les rivages de la Méditerranée et de se servir du dévouement momenlané qu'il inspirait à la Russie, pour diriger une armée stir l'Inde à travers le continent partafjc de l'Asie. Bien que chimériques, » ajoute l'historien de l'empire, « aux yeux d'une génération ramenée comme la nôtre à de fort médiocn*> proportions, il ne faut pas juger ces projets de notre point de vue préstmt ; il faut songer que riiomme qui concevait ces rêves pouvait à volonté l'aine et défaire des rois, prononcer d'un mot sur les grandes monarchies de l'Europe, et, bien qu'à notre avis il s'abusât, il ne faudrait pas croire qu'on mesure exactement l'étendue de son erreur eu la mesurant d'après nos idées actuelles, cai' en jugeant ainsi , notre petitesse se tromperait autant que s'était trompée sa grandeur. »
Cette politique, vue à travers le prisme de la p[loire militaire par un historien que la gloire attire et qu'elle éblouit trop souvent, n'avait de grandeur que dans ses chimères. C'est cette fausse grandeur des avances de Napoléon à la Russie qui a précisément ramené si déplorablement la France, en 1814 et 181;), aux médiocres proportions qu'ac-