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LIVRE TRENTE-SEPTIÈME

les Russes, dont il reconnut le patronage ^ur son pays, fonda un gouvernement libre sous forme de sénat servien dont il resta le protecteur, et plus souvent le tyran. La Turquie, en 1803, forcée de s'humilier devant un rebelle, le reconnut, par un traité, hospodar de Servie.

A l'appel d'Alexandre, en 1809, Czerni-George avait repris les armes ; son armée, unie à celle des Russes, franchit les montagnes et souleva les Monténégrins. Le pacha de Bosnie succomba sous les Servions et leur abandonna la capitale Novi- Bazar.

Pendant ces désastres de Bosnie, le prince Bagration, repassant le Danube, conquérait Hirsowa et Braïlow, sur la rive droite du fleuve. Pehlivan- Pacha arrêta l'invasion des Russes, à Tatarizza, et les refoula au delà du Danube.

Au mois de mars 1810, ils reprirent les hostilités. Le grand vizir Kios-Yousouf-Pacha rassembla l'armée à Schumla. Le comte de Langeron, émigré français, naturalisé, comme le duc de Richelieu, pour son courage et ses talents dans les armées (lu czar, assiégea et prit Silistrie. Schumla re-

poussa avec succès le siège et le blocus des Russes. Kncouragé par la retraite des Russes, le grand vizir sortit de Sehumla avec trente mille hommes pour serourir Rustschuk. Les Turcs, refoulés à leur tour, perdirent dans ce combat trois mille morts et trentedeux drapeaux.

Le général comte de Saint-Priest, autre réfugié français, élevé par son mérite au grade de généra) d'un corps d'armée russe, emporta la place de Sistowa et détruisit la ville jusqu'aux fondements. Douze raille habitants, hommes, femmes, enfants, vieillards, se dispersèrent sans pain et sans vêtements, sans asile, dans les forets du Balkan. Les pigeons apprivoisés, hôtes innombrables et Cdèles des villes turques, continuèrent seuls, dit la chro* nique bulgare, à roucouler sur les ruines de Sistowa.

RusLschuk capitula devant M. de Langeron. Ainsi la Russie employait des proscrits expulsés de leur patrie à proscrire de leurs foyers d'autres races proscrites.

Kulusof, après la mort du généralissime russe Kaminski, fut chargé du commandement général dans la campagne de 1811.

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