LIVRE TRENTE^EPTIÈMB. M
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Ahmed-Pacha, le brave défenseur d'Ibraïlof, fut nommé grand ^izir. Il anima de son énergie soixante mille hommes aguerris déjà dans cette longue guerre, et rejeta, à la bataille de Rustschlik, Kutusof au delà du Danube ; il rentra vainqueur dans la ville reconquise. Lui-même, traversant bientôt le Danube sur deux ponts dérobés aux Russes, campa sur la rive gauche adossée au fleuve.
Pendant que les deux armées , également fortifiées dans leur camp, semblaient s'observer, Kutusof, trompant Ahmed , lança une colonne de huit mille hommes sur la rive droite, attaqua la réserve d'Ahmed surprise à Rustschuk , jeta par cette habile manœuvre Fétonnement et la terreur dans l'armée principale d'Alimed. Les Turcs, se croyant tournés, abandonnèrent leurs retranchements et leur général ; ils repassèrent en désordre le fleuve^ semant la panique sur leurs pas ; une flottille russe^ maîtresse du fleuve, canonnait à la fois les deux rives.
Un armistice, humiliant pour les Turcs, futsuiti de négociations ouvertes à Bucharest pour la paix. Cette paix, signée le 28 mai 1812 à Bucharest,
modifiait peu les frontières. La Russie, de nouveau en guerre avec Napoléon , tempérait ses exigences pour n'avoir pas à combattre deux ennemis à la fois. Napoléon passait le Niémen avec quatre cent mille hommes le jour où la Russie se hâtait ainsi de désarmer la Porte. Mahmoud II, indigné de livrer aux Russes les embouchures du Danube, conçut contre les janissaires, causes des revers de la dernière campagne, un redoublement de mépris et de haine qu'il ne dissimula plus à ses confidents.
Napoléon, toujours plus soldat que politique, dédaigna les deux seuls alliés que la nature lui olTrait pour auxiliaires : les Polonais et lesOttomans ; il n'offrit ni la liberté à la Pologne, ni la sécurité à la Turquie. Il marcha sans base à Moscou, et permit à Tarmée de Kutusof , disponible par la paix de Rucharest, de revenir sur ses flancs en Pologne, et d'achever ce que l'hiver avait épargné de son armée mourante. Une alliance préalable avec Mahmoud et une armée de secours, envoyée sur le Danube par la Dalmatie avant son invasion de la Russie, aurait occupé trois cent mille Russes sur le Danube et sur le Pruth, et prévenu le désastre suprême de la Rérézina.
Ses offres de partage de l'empire ottoman^ au moment où il n'avait d'allié naturel quecelempirc.