‹ Histoire de la TurquieChapitre 298 sur 360 · LIVRE TRENTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SEPTIÈME

ites, secte devenue indépendante par fanatisme, ossédaient les deux villes saintes, la Mecque et [édine, et fermaient les routes du pèlerinage aux iravanes annuelles des musulmans. En Albanie, li-Pacha de Janina fondait un empire albanais, ar des crimes, sur les traces des héritiers de Scanerbeg. En Afrique, les vice-rois barbaresques , epuis longtemps indépendants, ne recevaient plus lur investiture que de leurs poignards. En Syrie, 5 pacha de Saint-Jean-d'Acre, imitateur de Daher, 'obéissait qu'à ses caprices. Dans le Liban, Témir eschir, prince des Druses idolâtres et des Maroites chrétiens, campait, comme le vieux de la lontagne, dans l'inaccessible forteresse de Dar-elamar, au sommet des monts, et descendait à son ré avec quarante mille montagnards intrépides, mtôt sur la vallée de Damas, tantôt sur les plaines e Beïrouth et de Saïda pour y combattre les 'oupes des pachas. En Servie, un prince surgi 'une révolte, en Valachic et en Moldavie des hosodars, nommés par la Porte, mais contrôlés par i Russie, marchandaient le tribut et contestaient • obéissance. Enfin en Egypte, un homme équi- 3que, tantôt l'instrument, tantôt le fléau des urcs, méditait, avec une audace voilée d'astuce, de mder une souveraineté héréditaire sur les rives vm. 48

du Nil, et bientôt sur l'Arabie et sur la Syrie. Trop utile pour être désavoué, trop obséquieux pour être aliéné, trop redoutable pour être puni, Méhémel-Ali, pacha d'Egypte, était déjà pour Mahmoud plu lot un allié qu'un sujet; de là à être un rebelle et un ennemi, il n'y avait que du temps et des circonstances.

Racontons comment cet homme, que nous avons vu surgir, grandir, régner et mourir, s'était élevé à cette vice-royauté de l'Egypte sur les ruines des Mamlouks, des Turcs, des Français et des Anglais, sur la terre des Ptolémée,

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Méhémet ou Mohammed-Ali était (ils d'un obscur agâ de la Cavale, petit port de TÉpire, où son père exerçait les fonctions de surveillant des routes. Orphelin de bonne heure, le ichorbadji, ou intendant de cette bourgade, Téleva par charité avec ses enfants, Ali, adolescent, pour nourrir sa mère, vendait du tabac de Salonique dans une échoppe du bazar. Son intelligence et son activité lui méritèrent l'estime du tchorbadji. Il l'employa quelque temps à percevoir l'impôt dans les villages voisins

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