‹ Histoire de la TurquieChapitre 300 sur 360 · LIVRE TRENTE-SEPTIÉME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SEPTIÉME

contre les tyrans circassiens de TÉgypte, tantôt contre les Wahabites du désert d'Arabie.

Nommé par la Porte pacha de Djedda, il vit dans cette investiture un subterfuge du vice-roi Kourchid pour l'éloigner honorablement du Caire. Une révolte de la capitale contre Kourchld, fomentée par lui, le porta révolulionnairement au poste de vice-roi. Kourchid, enfermé dans la citadelle, refusa de descendre à la voix du peuple. Il bombarda la ville par laquelle il était bloqué sur le mont Mokattam. La Porte, selon son usage de donner raison au vainqueur populaire contre le vaincu disgracié, envoya le capitan-pacha à Alexandrie pour déposer Kourchid et pour investir Méhémet-Ali rebelle de la vice-royauté d'Egypte.

Kourchid, après de longues négociations, consentit à livrer la citadelle au nouveau vice-roi. Il sortit la nuit par la porte du Désert avec une poignée de serviteurs fidèles, et s'embarqua pour Constantinople. C'est à Kourchid que le sort réservait d'aller bientôt combattre en Thessalie un nouveau rebelle, le pacha de Janina, de le vaincre, et de recevoir, pour récompense de sa victoire, le cordon de la main des bourreaux.

Les mamlouks, milice circassienne, tyrans féodaux de rÉgypte, furent désormais les seuls ennemis de Méhémet-Ali. Tantôt par les négociations, tantôt par les armes, l'habile vice-roi les assouplit, les dompta, les trompa, les conduisit pas à pas au piège et finit par ramener leurs cinq cents b^ ou chefs au Caire, dans une perfide sécurité.

Sous prétexte d'une expédition contre les Wahabites, il avait rassemblé dans la citadelle un corps de quatre mille hommes, commandés par son fils favori, Toussoun-Pacha. Le vendredi 1" mars 181 1, Toussoun devait descendre en pompe dans la ville pour aller à la mosquée invoquer la protection d'Allah avant le départ de son armée pour TArabie; toutes les autorités, civiles, religieuses et militaires de l'Egypte étaient invitées à monter à la citadelle pour faire cortège au jeune pacha et à l'armée dans sa procession à la mosquée. Les cinq cent soixante et dix begs mamlouks et leurs chefs, Chalm-Bey (l'elfy), devaient s'y rendre à cheval avec leur suite de kiayas, de saijs, de semteurs et d^esclaves : c'était l'aristocratie circassienne tout entière cou-

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