‹ Histoire de la TurquieChapitre 304 sur 360 · LIVRE TRENTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SEPTIÈME

neh, dont la destinée a beaucoup d'analogie avec celle du Prophète, fondateur de l'islamisme.

Né, sous la tente d'une tribu arabe, d'un père opulent pour ces contrées, envoyé à Bassorah pour étudier la religion et les lettres arabes, revenu dans sa tribu plus instruit et plus fanatique que ses compatriotes, animé d'une ardente soif de perfection morale pour lui-même et pour l'islamisme déjà altéré par le temps dans sa pureté, pèlerin pieux de la Mecque et de Médine, où il allait invoquer sur son berceau et sur son tombeau l'inspiration du Prophète, marié à une jeune fille de la tribu d'Horeymlâ, chassé de cette tribu pour ses prédications importunes contre les vices des musulmans corrompus, recueilli par Mohammed-ben- Sooud, puissant chef de la ville de Derreayeh , capitale d'une des provinces les plus reculées de l'Arabie , adopté comme réformateur et comme prophète par les Arabes, sujets d'Ebn-Sooud et d'Abdelazis , son fils, Abd-el-Wahab était mort à Derreayeh , à l'âge de quatre-vingt-quinze ans , laissant après lui une secte pour réformer l'islamisme et un peuple pour défendre et propager sa réforme.

Abdelazis, son disciple et son soldat, avait attaqué la Perse, incendié des villes, conquis la Mecque,

interrompu les pèlerinages, indigné par ce sacrilège les mahométans de la secte d'Ali, comme les mahométans de la secte d'Omar. Un Persan fanatique, venu et dévoué pour venger le sacré tombeau, avait poignardé en pleine mosquée Abdelazis. Le fils et le successeur de ce prince assassiné, Sooud, vengeait sur les Persans et sur les Turcs le meurtre de son père, à la tête d'une armée arabe de quarante mille Wababites, et faisait trembler Bagdad et Bassorah.

Le sultan, impuissant à réprimer ces agitations de TArabie, avait ordonné à Méhémet-Ali de faire marcher contre les Wababites l'armée d'Egypte. Le vice-roi du Caire brûlait de se signaler aux yeux des Turcs, des Égyptiens, des Arabes, par un nouveau service rendu aux musulmans. L'extermination des Wababites et la liberté rendue aux saints pèlerinages consacreraient son nom dans la reconnaissance de tous ceux qui professaient le culte du Prophète.

Toussoun-Pacha reconquit lentement Médine et la Mecque. Méhémet-Ali, impatient de purger le désert de cette secte armée qui renaissait de ses défaites, partit lui-môme, le 8 mars 1813, pour la Mecque, à la tête d'une seconde armée. Le fils d'Abdelazis , ^Sooud , venait de mourir dans sa

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