‹ Histoire de la TurquieChapitre 305 sur 360 · LIVRE TRENTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SEPTIÈME

capitale de Dérreayeh à l'âge de soixante-huit ans, laissant un nom vénéré, une armée nombreuse, une ville réputée inexpugnable et quatre iîls pour continuer sa mission de réformateur. Abdallahben-Sooud, son flls aîné, lui succédait dans le protectorat des Wahabites. L'Arabie entière devint un vaste champ de bataille. L'armée du pacha d'Egypte, divisée en trois armées, l'une sous son fils Toussoun, l'autre sous Hassan-Beg, son lieutenant le plus expérimenté , la troisième commandée par luimême, lutta pendant trois ans, avec des alternatives de grands revers et de grands succès, contre les prosélytes intrépides d'Abd-el-Wahab.

Une paix timide, conclue avec Toussoun-Pacha, par Abdallah-ben-Sooud, permit au vice-roi de revenir au Caire. Une conspiration de ses généraux, mécontents de la discipline européenne que le viceroi établissait parmi ses troupes, l'y attendait. Il se retira dans la citadelle, d'où sa garde extermina les conjurés. Sa discipline et ses institutions calquées sur TEurope armèrent et pacifièrent fortement rÉgypte. Le monopole du commerce des blés, qu'il exploita seul à la ruine des agriculteurs et des commerçants, remplit son trésor. Son fils chéri, Toussoun, mourut de la peste dans la Haute-Egypte.

Les Wahabites remuaient de nouveau l'Arabie ; il

fit marcher contre eux son fils Ibrahim, né pour la guerre et devenu depuis, sous le nom d'Ibrahim- Pacha, célèbre par ses victoires en Arabie, en Grèce et en Syrie. Ibrahim marcha à travers les déserts et les montagnes du Nedjed, sur Derreyeh, centre et capitale des enfants de Wahab. Cinq villes distinctes, entourées chacune de murs, de tours, de bastions et de forts détachés, composaient, sous un nom collectif, la capitale des Wahabites, Cinq mois d'un siège soutenu héroïquement par les sectaires, ivres de foi et glorieux du martyre, n^avaient pas lassé la constance des assiégés. Us comptaient sur les miracles : les miracles parurent répondre k leur foi.

Le 26 mai 1818, un tourbillon du vent de simoun, cette tempête des mers de sable, fondit sur le camp d'Ibrahim à Theuro de la prière des Wahabites ; les tentes renversées sur les feux s'allomèrent, des lambeaux enflammés furent portés par le vent sur le dépôt des poudres placé entre deux collines de sable a distance du camp ; Texplosion de quatre cents barils de poudre, de cinq cents caisses de cartouches, de milliers d'obus et de bombes chargées, fit tomber pendant dix minutes une pluie de feu et de projectiles sur le camp; les magasins d'orge et de blé de Tarmée furent consu-

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