LIVRE TRENTE-SEPTIÈME
mes, des milliers de cadavres, d^bommes et de chevaux calcinés couvrirent la terre comme après un carnage. Les Wahabites, témoins du désastre, profitèrent de la consternation de Tarmée pour fondre sur le camp. Ils furent contenus et repoussés à Parme blanche.
Ibrahim se montra supérieur à la fortune; il s^obstina au siège. Des munitions et des renforts^ apportés de cinq cents lieues par quarante mille chameaux du fond du désert, lui rendirent le nombre et les armes. Il emporta d'assaut une à une les quatre villes qui formaient le groupe de Derreyeh. Abdallah restait seul avec cinq cents noirs nubiens dans la dernière.
Un Français, témoin du dernier jour de Derreyeh, raconte ainsi l'extinction du foyer des Wahabiles. La générosité d'Ibrahim s'y révèle autant que son courage.
Après quelques heures, Abdallah lui-même vint, accompagné de deux cents des siens, à la tente d'Ibrahim, à qui il fut présenté par son dividar. Ce prince, gardant un extérieur affectueux, était assis sur un divan. Abdallah s'approcha pour lui baiser la main, qu'il retira par modestie ; ensuite il le fit asseoir, et lui demanda pourquoi il continuait la guerre, tandis que le peuple était disposé à se soumettre :