‹ Histoire de la TurquieChapitre 308 sur 360 · LIVRE TRENTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SEPTIÈME

partir pour le Caire. Cette pensée Toccupa tellement qu'il ne prit point de repos. Il donna des ordres à tous les chefs de cavalerie d'établir partout la plus grande surveillance.

Dans le court entretien qu'il avait eu avec Ibra-» him, Abdallah avait conçu une favorable opinion de sa personne. Ces dispositions contribuèrent à l'a« buser sur la destinée qui lui était réservée. Il pou« vait sans doute prendre la fuite, monté sur un dromadaire agile, et à la faveur d'une nuit obscure , mais il craignit que sa famille ne reçût des outrages, et que Toureyf ne fût incendié. Il fit donc une action héroïque en se décidant à partir pour TÉw gypte. Après l'expiration du délai de vingt-»qualre heures, il se rendit de nouveau à la lente d'Ibrahim, qui le reçut avec les mêmes égards, et lui demanda quelle résolution il avait prise. Abdallah lui répondit qu'il était décidé à partir, pourvu que sa vie lui fût garantie. Le prince lui dit qu'il ne pouvait disposer de la volonté de son père, ni de celle du sultan, mais qu'il les croyait l'un et l'autre trop généreux pour le faire mourir. Abdallah lui recommanda sa famille. 11 le pria de ne point détruire Derreyeh, et de ne causer aucun dommage à ceux qui avaient pris les armes contre les Turcs. Toutes ses demandes» lui furent accordées. Il reçut un mouchoir blanc

en signe de paix, et retourna à Toureyf prendre des dispositions pour le fatal voyage qu'il allait entreprendre. Plusieurs fois il se rendit au quartier général. Le pacha l'invitait à sa table, et le traitait avec distinction.

Enfin, ce prince trop confiant fit ses derniers adieux à sa famille éplorée. Il quitta ses amis, ses défenseurs avec regret, et sortit deson palais accompagné de Sourry, son kliaznadar, et d'Abd-el-Azizben-Selmàn, son secrétaire, qui furent tous deux associés à son infortune. Sa suite était compoiée de SCS esclaves noirs les plus affidés. Il se rendit avec ses équipages à la tente d'Ibrahim, prit congé de ce prince, reçut ses dépêches pour Méhémet-Ali, et s'achemina à travers le désert sous Tescorle de quatre cents hommes, commandés par Rochouâa- Aga, chargé de répondre de lui.

Abdallah arriva au Caire le 17 novembre 1818. 11 fut conduit à Chobrâ, et présenté au vice-roi, auquel il baisa la main. Méhémet-Ali le fit asseoir, et ordonna qu'on servît du café. Dans l'entretien qu'il eut avec ce prince, il lui demanda ce qu'il pensait de l'événement qui l'amenait devant lui :

« Tel a été le sort de la guerre, » répondit Abdallah.

Méhémet-Ali désira connaître ses sentiments à

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