‹ Histoire de la TurquieChapitre 31 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME

niens. orthodoxes, leur conversion à rislamisme, le martyre de Comidas et celui de ses deux compagnons d'infortune. Comme ces derniers, le patriarche Avedick mourut martyr de sa foi dans la prison où on l'avait enfermé à perpétuité. »

La cruauté et l'infamie de ces consciences suppliciées, si communes à cette époque aux Orientaux et aux Occidentaux, et dont le roi de France et le roi d'Espagne donnaient eux-mêmes l'exemple aux Ottomans, retombe, avec le sang de (k>midas, sur le fanatisme de toutes les sectes.

La jeunesse et la vigueur d'esprit d'Ali de Tchorlï inspiraient à son gouvernement une énergie inconnue depuis les Kiuperli dans le divan. Le sultan, pour le récompenser de son zèle, lui donna en mariage la sultane Emineh, fille de son frère, l'infortuné Mustapha II. Il donna la seconde de ses nièces, la sultane Kadidjé, au jeune fils de Kiuperli le brave, mort en Hongrie sur le champ de bataille. « La corbeille de noces du barbier, fils du labou- ^ reur de Mésopotamie, contenait, » dit l'annaliste turc contemporain Raschid, « un bandeau, un collier, des bracelets, une bague, une ceinture, des

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boucles d'oreilles et des anneaux destinés à parer les articulations dos bras et des pieds; ces sept objets, tous splicriques et ornes de diamants, sont considérés par les Orientaux comme la sphère septuple de la foïnme. Ces présents comprenaient encore un miroir garni de pierreries, un voile parsemé de diamants, des pantoufles et des socques ornés de perles, des échasses en or et garnies de joyaux pour le bain, deux mille ducats et quarante tasses pleines de sucreries.

a Après les noces de ses deux nièces, le sultan songea à fiancer aussi sa fille Falima, âgée seulement de quatre ans. En vain, Ali-Pacha essaya de dissuader le sultan d'accorder la main de la jeune princesse au silihdar-pacha, son favori avoué; elle fut fiancée à ce dernier, auquel elle apporta une dot de quarante mille ducats; de plus, le sultan ajouta aux biens de la couronne, qu'il possédait déjà, les revenus de File de Chypre. Les fiançailles furent célébrées avec un faste d'autant plus extraordinaire ; H) mai 1709\ que le sultan se plaisait aces sortes de réjouissances. C'est ainsi que. quelques mois auparavant, il avait ordonné que la capitale fût illuminéi» pondant trois jours, pour célébrer la naissance du prince Mourad ^15 janvier 1708), né d'une isrlav(» croate ; trois jours après, une esclave russe

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