‹ Histoire de la TurquieChapitre 315 sur 360 · LIVRE TRENTE-HUITÎÈMB. SOS · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-HUITÎÈMB. SOS

ses sujets grecs, ouvrir ce volcan libéral dans le Péloponèsc, de la môme main qui cherchait à le fermer en Occident, paraissait à Alexandre nonseulement un contre-sens, mais un crime. Ce prince avait sur le trône les scrupules de la conscience ; sans doute le démembrement de l'empire ottoman affaiblissait dans Mahmoud un voisin souvent en* nemi, mais la révolution grecque affaiblissait sa cause de souverain d'un grand empire et cette cause de la légitimité des trônes dont il s'efforçait sincèrement de faire une religion politique en Europe.

Il écarta donc avec une conscience inflexible toutes les insinuations que les Grecs de son intimité lui adressèrent pour l'incliner à Ime révolution grecque. H savait attendre pour son empiré les dons futurs d'une destinée inconnue; il ne voulait rien devoir à une déloyauté envers le sultan. Mais s'il était le czar de ses armées, il n^était pas lé czar de l'opinion. L'opinion résolut de faire vîo^ lence à ses scrupules, et les sollicitations se changèrent en conjuration.

Cette conjuration grecque eut son bércéatl éil Russie, mais à l'insu de l'empereur ; elle fut couvée par le libéralisme européen dans les armées d^Alexandre, non sur les montagnes de TOlympe. YUi. 20

y avait de la vengeance filiale dans son patriotisme. Le prince Ypsilanti, son premier conjuré, était le fils de cet Ypsilanti décapité par le sultan Sélim III pour avoir correspondu avec rhospodardeValachie, son frère, soupçonné de connivence avec les Russes. Nous avons raconté ailleurs cette conspiration d'un proscrit pour un peuple et d'un peuple pour sa liberté.

Ypsilanti, quittant, en 1820, Vienne et l'armée russe, donna le rendez-vous et le signal de l'insurrection aux hétéristes dans la Moldavie et dans la Valachic. L'hospodar deValachie, Alexandre Soutzo, prince grec du Plianar, gouvernait cette pi*ovince pour les Turcs. Il laissa travailler sous ses yeux, par les émissaires d'Ypsilanti, les troupes amaules chargées de maintenir ces principautés dans la, dépendance du sulian. Enrichi des trésors amassés pendant deux années de gouvernement, Grec luimùnie, craignant également ou cfe se livrer à la vengeance du divan en rentrant à Constantînople, ou d'encourir la haine de sa race en la combattant, il ferma les yeux sur les manœuvres des hétéristes et se disposa à se retirer en Europe après y avoir fait

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