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LIVRE TRENTE-HUITIÈME

passer ses richesses. Les arnautes prêtèrent serment à Ypsilanti, qui prit le titre de représentant de la nation grecque, et qui forma sans opposition une armée d'insurrection dans un camp aux environs de lassy, capitale de la Moldavie. De là ses émissaires, parcourant la Valachie, la Moldavie, la Servie, TÉpire, les provinces chrétiennes et la Morée, appelèrent des millions d'hommes à la liberté.

La situation de l'empire ottoman, depuis le commencement du siècle, et celle du Péloponèse en particulier, donnait les chances les plus favorables à une émancipation des populations chrétiennes et à un démembrement de l'islamisme. Les janissaires, force antique de la monarchie, avaient dégénéré en valeur et en discipline depuis plusieurs règnes. Incapables de défendre l'empire au dehors contre les puissances russe et autrichienne, ils n'étaient plus propres qu'à l'agiter au dedans par des séditions militaires qui déposaient, élevaient ou égorgeaient les sultans au gré de leurs intérêts ou de leurs caprices.

Après la mort tragique du vertueux et infortuné Sélim, deux fois victime de leur soulèvement.

jeune sultan Mahmoud était leur captif plutôt quo. leur souverain dans son palais. Ce prince, témoin dès le berceau de leur insolence et de leurs crimes. méditait en silence leur extermination ; mais jeune, timide, entouré des bourreaux de son oncle Sclim, n'ayant encore ni la renommée personnelle, ni l'ascendant sur son peuple, ni les instruments de politique et de forces nécessaires à son dessein, il était obligé de dissimuler sa haine et de dépopulariser les janissaires avant de les frapper. Ils n'avaient que trop concouru d'eux-mêmes à cette désaffection des vrais Ottomans par les anarchies, les séditions sous es armes, les lâchetés et les défaites qui avaient signalé les dernières guerres de Mahmoud avec rAulriche et la Russie. La décadence de celle immt^nse monarchie était écrite à chcique nouveau traité de paix, dans les démembrements de places fortes et de provinces, et dans les limites de plus en plus étroites dans lesquelles les puissances voisines la resserraient.

C'était peu de ces humiliations extérieures, Tinlérieur même de Tempire était miné du côté de rÉpire et de la Mcréc par un nouveau Scanderbeg,

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