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LIVRE TRENTE-HUITIÈME

frère dvi pacha, qu'elle aimait. Chalnitza s'étant refusée au crime, Ali fuit assassiner son beau-frère, d'un coup de pislolet, par Soliman, et lui livre sa sœur sur le cadavre de son mari.

La Porte, peu de temps après, ayant résolu frapper le nouveau pacha de Delvino, ami et teur du jeune Ali, celui-ci s'insinue de plusen dans la confiance du pacha, l'invite à un i sa maison, cache des assassins dans une i c rayons, et laissant pour signal de meur t sa tasse de café sur le marbre du divan, v moler son ami devant lui, envoie sa tô [ tinople, et reçoit en récompense le de la Thessalie avec le titre de richi

ses concussions dans ce gouvernei , il enfin le titre de pacha de Janina, une des p riches et des plus délicieuses vallées de l'Épire.

Il continua de flatter les Grecs en aflectant pour le christianisme une vieille foi qui se réveillait dans son sang pour le culte de ses pères. Il les appelait dans ses conseils et se ménageait entre eux et les Ottomans, nécessaires aux deux partis. Il buvait secrètement avec eux à la santé de la Panagia ou de

la Vierge. Son administration, à la fois intelligente et cupide, lui amassa des trésors immenses enfouis dans un palais bâti sur un écueil au milieu du lac de Janina, et qui ne communiquait à la ville que par une langue de terre. Ces trésors lui servaient à enrôler des troupes. Il conquérait peu à peu les territoires voisins, sousprétexte d^y dompter des rebelles au sultan. Dans une de ces expéditions entreprises pour accomplir la vengeance de la captivité de sa mère, vengeance qu'il avait jurée à Chameo, il lit brûler à petit feu et dépecer avec des tenailles un Épirote qui l'avait outragée dans sa prison. Trouvant plus d'avantage à servir alors les Turcs que les Grecs, il se tourne contre les Souliotes révoltés par les instigations de la Russie et les dépouille de leur territoire. Trente mille mahométans marchent déjà sous ses ordres. Le nom de Lion de l'Épire était partout ajouté à son nom. La République française, maîtresse de Corfou, lui envoyait des ambassadeurs et des généraux pour caresser son orgueil et pour l'intéresser à la révolution libératrice des Grecs de l'Adriatique. 11 les recevait en politique, il les endormait d'espérances, il les enivrait des délices et des voluptés de Janina, jardin des belles femmes. Il laissait chanter dans son palais les chants du Grec Rhigas, ce Tyrtée moderne de sa race ; puis, tout à

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