‹ Histoire de la TurquieChapitre 322 sur 360 · LIVRE TRKNTE-HUITIÉME · texte numérisé non relu

LIVRE TRKNTE-HUITIÉME

femmes et leurs enfants dans les montagnes, pour y organiser la guerre sacrée, et pour fondre de là sur les Ottomansr Les villes et les villages, à sa voix, étaient restés déserts ; les TurcSj éloiincs de leur solitude, avaient tenté quelques assauts sur ces troupeaux d'hommes qu'ils croyaient ramener aisément à la servitude, ils furent refoulés partout des montagnes, et bientôt chassés à leur tour des villes où ils régnaient la veille.

La Macédoine, la Thessalie, TÉpire, PAcarnanie, TÉtolie, le Péloponèse, TEubée et l'Archipel étaient devenus un champ de bataille sur terre et sur mer, qui dévorait tour à tour les tyrans et les esclaves. Ali-Pacha, heureux de créer des ennemis à ses ennemis, avait adressé lui-même une proclamation aux Souliotes, autrefois expulsés par lui, et leur avait restitué leur territoire et leurs forteresses avec des canons et des munitions, pour se faire des alliés contre les Turcs. A l'approche des paysans descendant par milliers des montagnes, à la suite de leurs prêtres et de leurs chefs, toutes les villes, s'insurgeant et massacrant les Turcs, les avaient refoulés dans les forts d'où les Turcs foudroyaient et incendiaient les édifices. Les massacres et les crimes de la liberté égalaient ceux de la tyrannie. Le Péloponèse n'était que feu et que sang sous la croix

comme sons le croissant ; trois siècles de servitude accumulée se vengeaient de Iroissicclesd'oppression. Les deux races et les deux religions comptaient autant de bourreaux, autant de victimes Tune que Taulre. L'Europe frémissait d'horreur au récit de ces flammes et de ces cgorgemcnts. Deux races, deux nations, deux cultes sur un môme sol s'étreignaient corps à corps, depuis les flots de la mer et les rivages de Tîle jusqu'aux sommets du Pinde et delaTliessalie. Patras, Missolonghi s'engloutissaient sous leurs ruines. L'hymne populaire de Tinsurreclion et du désespoir, cette Marseillaise de la croix, écrite par le Thessalien Rhigas, éclatait sur toutes les montagnes avec les psaumes sacrés du clergé hellène :

« Jusqu'à quand vivrons-nous relégués dans les « rochers des montagnes, errants dans les forèls, « caches dans les antres de la terre?... Lcvonsc( nous, et s'il faut mourir, que la patrie meure « avec nous. Levons-nous ! la loi de Dieu, Tégalité « sainte entre ses créatures, voilà notre cause, voilà « nos chefs! Jurons sur la croix de briser le joug « qui courbe nos tôtes!...

« Souliotes! et vous Spartiates! sortez de tes « repaires , léopards des montagnes, aigles de TO- « lympe, vautours d'Agrapha I Chrétiens de la Save

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