‹ Histoire de la TurquieChapitre 325 sur 360 · LIVRE TRENTE-HUITIÈME. JîS · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-HUITIÈME. JîS

et commandaient au gouvernement des etéèiitîôlis et des barbaries proportionnées à leur terreur. Lés Supplices décimaient Constantinople. Lesjanîssaîrél^ égorgeaient au lieu de combattra. La panique des musulmans animait leur férocité. On ne parlâSt dans la capitale que de conspiration universdle déé chrétiens pour anéantir les Turcs ; la crainte eiitrè-î tenait le délire, le délire poussait âii crime. Le^ Valaques et les Moldaves des grandes familles ètÀ^ blies à Constantinople étaient décapités sous prétexte de complicité avec leurs coreligionnaires. Leé chrétiens grecs, laissant leurs maisons et lëui^ biens, émigraient à Odessa ; ceux qui ne pouvaient fuir étaient obligés de s'enfermer au fond de leurs demeures, dans la crainte d'exciter par leur costumé la fureur du peuple. Ceux de Bouyouk-Déré, petite ville sur le Bosphore, à quelques lieues de la capitale, étaient massacrés par les troupes envoyées en Valachie contre Ypsilanti , et qui ne voulaient pas laisser d'ennemis derrière elles. C'étaient les massacres de septembre 92, à Paris, renouvelés à Constantinople par le même délire de peur et de ven-^ geance. Les deux climats voyaient les mêmes crimes.

La populace de la capitale immole tous les chré-^ tiens qu'elle rencontre sur les calques qui portent

d'une rive à l'autre les IraOquants des deux populations réunies dans les mêmes murs. Le gouvernement ne rétablit l'ordre qu'en livrant lui-même au glaive des janissaires trois cents têtes suspectes ou innocentes des principales familles grecques de la ville. Les derviches, ces prophètes de la populace, prédisaient la prochaine extermination des musulmans par les infidèles. Le divan ordonnait le sup^ plice du prince Morouzi, drogman du ministre des allaires étrangères, accusé d'avoir reçu une lettre d'Ypsilanti, et sa tète roulait aux pieds du sultan. Le patriarche grec, Grégoire, vieillard de quatre-vingtquatre ans, était saisi le jour de Pâques, revêtu de ses habits pontificaux, en descendant de l'autel, et pendu à la porte de sa cathédrale. Tous les chefs du clergé grec de la capitale, arrachés la même nuit à leurs autels, étaient immolés sur les marches de leurs églises. Des janissaires, placés auprès de ces monceaux de cadavres, empêchaient les chrélicns de rendre les devoirs funèbres à leurs martyrs. Leurs corps, après avoir été suspendus trois jours aux gibets, étaient remis à des hordes faméliques de juifs qui les traînaient à la mer. Le port de Constantinople et les eaux du Bosphore rejetaient les cadavres sur les quais de la ville. Les familles dos suppliciés, les femmes et les filles des proscrits

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