‹ Histoire de la TurquieChapitre 326 sur 360 · LIVRE TRENTE-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-HUITIÈME

étaient vendues aux enchères dans les bazars. On iélibérait dans le divan le massacre général des Glrecs. Le sultan s'y refusa et disgracia son grand /izir pour laver aux yeux des puissances chrétiennes 5on gouvernement des forfaits commis. L'Europe îontemplait et frémissait, mais aucune puissance ne prenait encore ouvertement la cause du christianisme, confondue avec la cause de la rébellion dans Tempire. Mahmoud, armant sa flotte, et la confiant Si son grand amiral Kara-Ali, fils d'un meunier de Trébizonde, le chargeait de lui rapporter les cendres lu Péloponese et (Ten calciner les montagnes.

Aux massacres de Constantinople, aux menaces lu désarmement, au départ de la flotte turque^ toutes les îles de TArchipel avaient répondu par un irmement général des nombreux navires dont leur commerce couvrait les mers. Hydra, la plus pauvre m sol, mais la plus florissante en trafic et en [•ichesse de ces îles, avait créé à elle seule et par es dons gratuits de ses citoyens une flotte capable le repousser celle de l'empire. «Hydra n'a point de «campagnes, » chantaient ses matelots, « mais M elle a des vaisseaux; la mer est son sillon, [ses

a matelots sont ses laboureurs ; avec ses voiles rapU a des^ Hydra moissonne en Egypte, récolte la soie a en Provence et vendange sur les coteaux de la « Grèce, »

Tombasis, marin intrépide, monté sur le Thé' misiocley avait été nommé grand amiral des insur* gés. La flotte de Psara s'unissait à celle de Tombasis. Elles purgeaient la mer des vaisseaux de guerre turcs isolés, et imitant les atrocités des Otlomans, elles immolaient, noyaient ou vendaient à Tencan, comme esclaves, les prisonniers ou les pèlerins turcs saisis sur ces vaisseaux. EUed som* maient ensemble l'île opulente et populeuse de Chio de se déclarer pour la cause de la patrie commune. Chio, amollie par sa prospérité et exposée la première par sa situation à la vengeance des Turcs, refusait d'entrer dans la ligue, et envoyait une députation de ses vieillards demander au divan des forces pour la défendre contre ses compatriotes ; le divan les retenait en otage, et les punissait de leur lidélité à la tyrannie. Naxos, Andros, Paros, Myconi , et presque toutes les lies répondirent à l'appel de Psara et d]Hydra, et immolèrent les Ottomans.

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