‹ Histoire de la TurquieChapitre 329 sur 360 · LIVRE TRENTE-HUITIEME. 33a · texte numérisé non relu

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repos, lui faisait chercher partout des hasards , des périls, de la gloire. Sa soif de justice le chassait par tout l'univers; il ne haïssait pas les Bourbons, mais il supportait impatiemment en eux le souvenir de sa patrie conquise. Il attribuait aux Bourbons une infortune nationale dont ils étaient innocents.

Dans sa première jeunesse, Fabvier avait suivi notre ambassade en Perse. Favori du schah de Perse et instructeur de ses troupes, il avait résidé plusieurs années dans sa capitale. On se souvenait de lui à Ispahan ; il résolut d'aller y retrouver Thospitalité et la faveur qu'on lui gardait à la cour d'Iran. Le vaisseau qui le portait à Constantinople ayant abordé dans la Morée, Fabvier, séduit par la guerre présente et par l'admiration que lui inspiraient les exploits de ces pauvres bergers de l'Achaïe, avait renoncé à la Perse, et s'était dévoué, sans grade et sans solde, à la cause des faibles. Il avait suivi ces paysans dans leurs montagnes, et les avait disciplinés et aguerris. C'était le moment où le sultan Mahmoud, appelant au secours de l'islamisme en péril le pacha à demi indépendant d'Egypte, Méhémet-Ali, Ibrahim-Pacha, son fils, avait débarqué en Morée avec une armée égyptienne, et reconquérait dans le sang et dans le feu la Morée entière au

sultan. Napoli de Romanie seule, placée à rentrée de la plaine d'Argos, au fond du golfe de Nauplic, conservait une ville à Tindépendance et un siège au gouvernement hellénique. Fabvier la défendit avec une poignée de héros, et, après les avoir aguerris, remportait des victoires sous les murs d'Argos. De là, passant à Athènes, il mêlait son sang à Platée et à Marathon au sang des descendants d'Épaminondas. Envoyé en France par ses compagnons d'armes pour solliciter l'intérêt du gouvernement français, au nom de la religion commune et de l'humanité, plus que de la politique, Fabvier revoyait sa patrie. La vieille et naturelle alliance entre la France et les sultans, la politique prévoyante qui défendait aux Bourbons de ruiner eux-mêmes dans Constantitinople le seul rempart qui couvrît la Méditerranée et l'Europe orientale contre le débordement; le danger^ enfin, de donner au cabinet de Pétersbourg un allié vendu d'avance à toutes ses ambitions dans un royaume ou dans une république grecque, protestaient vainement dans les conseils de la ft^'oide diplomatie; déjà le sentiment public l'emportait sur toute prudence humaine. M. de Villèle, sentant l'impossibilité de résister à un entraînement aussi général du cœur de l'Europe, oubliait les torts de Fabvier contre les Bourbons; il comblait le négocia-

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teur de la Grèce de félicitations sur son dévouement personnel, et lui laissait entrevoir, sinon un concours armé à l'indépendance de la Grèce, au moins une interposition efficace de la France entre les victimes et les bourreaux.

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