‹ Histoire de la TurquieChapitre 330 sur 360 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

Mais déjà Tindépendance de la Grèce recevait efl Épire le coup le plus terrible et le plus inattendu. Le gouvernement ottoman, dont le tyran de l'Épli'ë suspendait depuis trois ans l'irruption décisive eii Morée et balançait ses forces, touchait à sa dernière heure. Kourchid-Pacha, à la tête d'iine armée de quarante mille Ottomans, le bloquait de jour eii jour pliis étroitement dans le château de Janina. Ali, sûr de ses murailles, ,de sa garnison et d'un petit nombre de défenseurs désespérés, tous com^ promis avec lui dans sa révolte et dans ses crimes^ et n'ayant comme lui que le supplice ou la victoire en perspective, regardait avec indifférence les tentes de ses ennemis autour de ses forteresses, et recevait sans y répondre des boulets qui pouvaient à peine ébrécher ses murs. La trahison seule pouvait le vaincre. La Porte l'employa contre lui. Le directeur de son artillerie^ Caretto, ofQcier napolitain,

dont il avait sauvé les jours du glaive des Turcs au moment où il allait être immolé en expiation d^m commerce amoureui avec une jeune musulmane, lapidée pour lui, déserta une nuit du château da lac , en se laissant glisser au pied des reniparls par une corde attachée à Taffût d'un de ses canons, et passa dans le camp de Kourchid.

Cette défection privait Ali de son plus habile ingénieur, et découvrait à Kourchid le seo^t de sa faiblesse. Une partie de la garnison^ mécontentée par ringrate avarice d'Ali, se retira des forts. La Porte profita de ce découragement des assiégés pour ouvrir avec le vieux chef une de ces négociations qui ne sont que les préludes de la mort pour les révoltés qui s'y laissent toujours entraîner. Kourchid fit des propositions à Ali, il lui assura, pour prix de sa soumission et de son repentir, la vie, la liberté, ses femmes, ses trésors, son titre de vizir et un exil splendide, avec sa famille, dans une coutrée de TAsie-Mineure. Ces propositions, acceptées par Ali, furent envoyées à Constantinople pour être ratifiées par le sultan et renvoyées à Janina dans un traité garant du pardon et des promesses de la Porte.

Kourchid, sous prétexte de remettre solennellement ce traité enfin ratifié à Ali, et de recevoir sa

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