‹ Histoire de la TurquieChapitre 331 sur 360 · LIVRE TRENTE-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-HUITIÈME

•umissioti au sultan, leur maître suprême, exigeait Ali qu'il sortît du château imprenable de Janina qu'il se rendît dans une île dti lac où il avait une aison de plaisance moins inaccessible et moins rtifiée, et où l'entrevue aurait lieu à forces égales. i-Pacha eut l'imprudence d'y consentir; mais il issa, en quittant le château, dans ses murs, un ge de sécurité ou de sa vengeance. Un de ses ides albanais, nommé Féthim, jeune hommô igagé par les serments les plus redoutables, dans le race où la religion du serment est sacrée, veil-» it, armé d'une mèche enflammée, à la porte d'un pôt rempli de deux cent mille quintaux de poudre r lesquels étaient entassés tous les trésors du vizir, dont l'explosion, remise aussi à la merci de ce lane esclave fanatique, engloutirait à la fois, au emier signal, les richesses d'Ali, son harem, la lie de Janina et l'armée turque qui tenterait d'ocper en son absence le château.

Garanti ainsi contre toute surprise, Ali se transrta, avec sa jeune épouse Vasiliki , quelques [slaves et une poignée de ses plus intrépides Albais, dans l'île du lac, marquée pour les négociaviii. 22

lions et pour renirevue. Il s'y établit dans un kiosk de plaisir, défenda seulement par le lac et par (par ques palissades. 11 fit apporter de la poudre et des armes, et il y attendit, dans une demi-séenrité, li visite de Kourchid et la remise du traité, qui était, lui disait-on, arrivé de Constantinople au camp des Turcs. Kourchid affectait une indisposition qui le retenait dans sa tente, usait les jours en messages et en temporisations, qui lui donnaient les occasions de corrompre la garnison du château de Janina, abandonnée à elle-même. Ce n'était pas assez, tant que le fanal de ce château, près duquel veillait Tesclave Féthim, ne serait pas éteint et menacerait d'engloutir les assaillants de cette forteresse d'Ali. La ruse fit ce que ne pouvait la force. Kourchid et ses généraux jurèrent, sur le Coran, à Ali, que son firman de pardon du Grand-Seigneur était dans leurs mains, mais qu'avant de le remettre dans les siennes, l'honneur de leur souverain commun exigeait que ce firman, gage spontané de la magnanimité de leur maître, ne parût pas une concession à la peur, et que le feu du fanal confié à Féthim et brûlant à la porte du dépôt des poudres fût éteint. Ali pressentit pour la première fois un piège, et sous prétexte que son esclave Féthim n'obéirait qu'à sa voix, demanda à rentrer pour lui intimer lui-

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