‹ Histoire de la TurquieChapitre 332 sur 360 · LIVRE TRENTE-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-HUITIÈME

même ses ordres dans sa forteresse. Il n'était plus temps, les barqaes turques interceptaient déjà la communication entre Tile et le bord. Ali. forcé de se fier jusqu'à Timprudence à la parole de ses ennemis, finit par livrer aux officiers de Kourchid un anneau qu'il portait suspendu à son cou, et qui était entre Féthim et lui le signal secret d'une aveugle obéissance. Les officiers de Kourchid, maîtres de cet anneau, regagnent la rive, entrent dans le cbàteau, montrent le talisman de son maître à l'esclave. Le jeune fanatique reconnaît l'anneau, s'incline en signe de respect, et éteint à l'instant le fanal. Aussitôt que les Turcs le voient désarmé de sa dernière étincelle, ils le frappent de cent coups de poignard, et laissent son cadavre aux portes du souterrain. Aucun bruit n'avait averti du haut des murs du château. Ali, encore confiant, regardait tranquillement des fenêtres de son divan les flots du lac qui devaient lui apporter bientôt les barques de Kourchid et le pardon du sultan.

Elles ne parurent qu'au milieu du jour. Les principaux officiers de Kourchid les remplissaient; ils débarquèrent avec des marques de respcM^t, l^ais

couverts de leurs armes, sur la plage où s'élevait le

kiosk (VAli.

Ali les atleudait entouré d'une douzaine de ses plus déterminés séides, sur une plate-forme en planches, portée sur des colonnettes en bois, qui s'élevait, selon Tarchitecture orientale, devant le kiosk, et derrière laquelle étaient la demeure el le liarem du vizir. Hassan-Pacha, Omer-Brionès , Méhémet-Sililidar, portc-filaive de Kourchid, et un nroupe de ses principaux lieutenants, débarquèrent seuls avec un visage sombre et montèrent les degrés de la plate-forme. Ali, n*apercevant point KourchiJ et soup(;onnant à la morne physionomie et aux armes de ses officiers qu'ils lui apportaient la trahison et la mort au lieu du traité, se lève, saisit un de ses pisloh»ts à sa ceinture, et s'adressant d'une voix tonnante à ilassan-Pacha : «Arrêtez! » s'écrie-l-il, « qïie m'apportez-vous? — L'ordre du sultan, i» répond Hassan ; « reconnaissez-vous ces augustes Cii- «ractcres?))Puis, déployant sous ses yeux les lettres dorées qui décorent les lirmans du Grand-Seigneur: « Soumettez-vous au destin, » lui dit-il, « faites « vos ahlulions, invoquez Allah et le Prophète ! Le « sulUm vous demande votre tête! » — v Ma létc, » réj)ond Ali, « ne se livre pas si facilement! » — Et sans attendre la réponse d'Hassan^ il fait feu sur lui

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