LIVRE TRENTE-HUITIÉME
tt 1^ renverse à ses piecja frappé d'une balle dans la ;uifse; il tue du second coup le chef d'étal-major le Kourchid. Ses officiers, et à leur tète Constantin Jolzaris, chef des Souliotas, en otage dans son pa^ ais, et dévoués à sa cause par reconnaissance^ font eu à son exemple sur le groupe des Ottomans, et onchent Tescairer du kiosk de cadavres. Mais Ali e sent frappé lui-même d'une balle dans le flanCt 1 retire de sa pelisse sa main rougie de son sang, it montrant ce sang à Botzaris : « Cours, » lui dit* I, « et égorge Vasiliki, ma femme, afin qu'elle me ( suive dans la tombe et que ces traîtres ne souil^ t lent pas sa beauté! » Au moment ou il achevait le prononcer ces paroles, une balle, traversant par essous les planches de Testrade en bois sur laquelle l combattait, lui perce les reins et le fait chanceler omme un homme ivre. Il se retient aux grillages 'une fenêtre; ses palikarcs le voyant tomber, s'éîncent à la nage avec Botzaris dans les flots du lac our gagner un écueil voisin et se dérober à la veneance de Kourchid. Les Turcs, sans ennemis, relontfnt les degrés sanglants de l'estrade, traînent .li par sa barbe blanche hors du kiosk, appuient on cou contre une marche en pierre de l'escalier, ai tranchent la lete et l'envoient dans un coflre de ermeil au sultan.
:M2 histoire de la TURQUIE.
La jeune Grecque, son épouse, Vasiliki, fut emmenée sans outrage à la tente de Kourchid. Elle pleura envoyant, le lendemain, chargés de chaînes, les ministres et les officiers de son mari, et ses trésors et les décorations de ses palais, ser>anl de jouets à la soldatesque turque. Elle demanda à rendre les honneurs funèbres au corps du héros de rÉpire, qu'elle adorait malgré la différence d'àgc et de culte. Cette grâce lui fut accordée. Janina et les montagnes voisines du Pinde retentirent des sanglots de Vasiliki et des regrets des population;^ grecques ou musulmanes de ces contrées sauvages, dont Ali était à la fois le tyran et le héros, la terreur et la gloire. Le sultan relégua Vasiliki dans un village de ces montagnes, les trésors d'Ali soldèrent Tarmée de Kourchid, et les Turcs, affranchis désormais de Tobstacle que cette révolte leur opposait depuis trois annnés, débordèrent en masse de rÉpire dans la Morée. Tout succomba un moment sous le fer et la flamme, et les cris des Grecs retentirent avec plus de désespoir et plus de pitié en Europe.
Mais si les peuples les entendaient, les souverains