LIVRE TRENTE-HUITIÈME
a salut de l'empire, pour le triomphe de la bonne a cause. II suffit à ses fidèles serviteurs qu'elle aide c leurs efforts de ses puissantes prières. » V Le sultan céda à leurs instances ; il ordonna qu'on envoyât des crieurs parcourir les rues de Constantinople et des trois villes (Gala ta, Fera, Scutari), pour appeler tous les musulmans à venir se ranger sous l'étendard du Prophète, autour du monarque, souverain pontife de la religion. Cet ordre, transmis promptement au tribunal de Constantinople, devait être porté de là aux imans des différents quartiers par les huissiers du mehkémé (cour de justice). En même temps, on appela au sérail plusieurs personnages marquants, qui étaient restés chez eux occupés à prier pour le triomphe du droit, et tout prêts à y concourir de tous leurs efforts.
Les crieurs et les huissiers du tribunal, par un effet de la protection divine, dérobèrent leurs démarches à la connaissance des insurgés, et remplirent heureusement leur mission. A leur voix, le peuple se lève. En moins d'une demi-heure, de nouvelles troupes d'étudiants, leurs maîtres en tête, des habitants de tous les quartiers avec leurs imans, les gens de Galata, de Péra et de Scutari, conduits par leurs magistrats, débouchent de tous côtés sur la place du Sérail, et y prennent position.
Tandis qu'ils arrivent, le sullan va chercher luimême, dans la salle où il est conservé, le qjprh majrslueux du jardin de la victoire^ le drapeau vert dn prince des prophètes. Il le remet, en invoquant TassisUnce céleste, entre les mains du grand vizir et du nuiphti, qui le confient aux musulmans pressés autour d'eux. Le professeur Ahmed-Effendi d'Akiska adresse à ceux qui le reçoivent une allocution entraînante, qui leur fait verser des larmes d'enthousiasme. On lire des magasins du palais des sabres, des fusils, des cartouches qu'on distribue à ceux qui n'ont point d'armes; et tous ces champions dévoues de la foi et du trône, poussant les cris terribles de Allah! Allah! s'élancent hors de la porte du Sérail, courent à la mosquée du sultan Ahmed, et plantent au bout de la chaire le glorieux étendard de Mahomet.
Le sultan, après avoir de nouveau appelé les bénédictions du ciel sur les guerriers, auxquels il venait de coulier roriiîamme sacré, monta à cheval escorté de son porte-glaive, Ali-Aga, de son premier valotde chambroj Aboubekre-Effendi, de son secrétaire , Mustapha - EiTendi , et d'Ahmed-Schakir- EfTendi , oKicicr du niabeïn (appartement intérieur attenant au harem). Il alla par les jardins l»articuliers du sérail s'installer dans le pavillon si-