‹ Histoire de la TurquieChapitre 345 sur 360 · I LIVRE TRENTE-HUITIÉME · texte numérisé non relu

I LIVRE TRENTE-HUITIÉME

. tué au-dessus de la porte impériale, pour être à portée de recevoir proroptement les nouvelles des événements. Il voyait passer sur la place les bons citoyens qui couraient se ranger sous le drapeau du Prophète, et les accompagnait de ses vœux.

Pendant que Mahmoud, âme intrépide, s^indignait d'être retenu par la dignité du pouvoir suprême dans l'immobilité de son kiosk, d'où il dominait les événements dont son trône et sa vie étaient le prix, le véritable chef de l'entreprise, Hussein-Pacha, Mohammed-Pacha, le grand vizir, les ministres, les oulémas du parti du sultan se réunissaient à la mosquée voisine d'Ahmed. Là, entourés de minute en minute par la masse croissante des musulmans fidèles au trône et des troupes convoquées par Hussein, ils délibéraient sur les moyens de pacifier ou d'anéantir la sédition. « Délibérer quand il faut frapper, » dit Hussein-Pacha, « c'est se déclarer « vaincu d'avance. — Ce n'(îst pas avec des paroles, (( c'est avec le sabre (|u'on lève les doutes des faca ti(Mi\,)) ajouta MobainiiuHl-Pacha*Etsans attendre la répli([uc (l('s lionnnes de loi et des hommes d'église, Hussein et Mohammed, revêtant les costumes VIII. 24

militaires les moins éclatants, montèrent à cheval, cl entraînant avec eux un régiment d'artillerie avec ses pièces et une poignée de soldats et de marins dévoués, ils montèrent par la rue du Divan a la place de TEtnieidan, où les janissaires, en tumulte, étaient réunis devant leurs casernes. Des groupes armés de fidèles musulmans grossissaient en route cette colonne, pendant que d'autres, guidés à TEtmeldan par d'autres rues,, s'avançaient en silence, pour déboucher en même temps sur cette place , champ de bataille ordinaire et champ de victoire habituel des séditieux.

Quelques janissaires indécis s'étaient présentés isolément à la mosquée d'Ahmed, devant le grand vizir et le muphti pour leur demander ce qu'ils avaient à faire : « Peuple de Mahomet, » s'écria le nuiphti comme inspiré par l'esprit du Prophète, « qu'attends-tu ? Pour plaire à Dieu et pour obéir a au sultan, son ombre, vole au secours de tes frères « aux prises déjà avec les impies ! »

A ces mots, la foule qui entourait encore la mos- (|uée pousse une immense acclamation vers le ciel, et se précipite en nouvelles colonnes sur les pas d'Hussein et des artilleurs.

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