LIVRE TRENTE-HUITIÈME. 3T
i dont la mission était de courir aux incendies pour X les éteindre, pourquoi n'es-tu pas venu offrir tes I services quand la caserne était en flammes ? b ^'aga répondit avec un sourire ironique : « Cet ini cendie-là était par trop violent pour pouvoir être I arrêté ! D'ailleurs, le devoir d'un sujet du sultan I était plutôt de l'attiser, d Le vizir ajouta : a Si c tu avais connu tes devoirs envers le sultan et en« I vers la religion, tu aurais répondu à l'appel de f notre monarque dont la voix a retenti aux oreilles I de tous les musulmans fidèles ; tu aurais marché I avec les bons citoyens et combattu sous l'étendard I de Mahomet. Quelle est la peine due à la révolte i contre le sultan, contre le pontife de l'islamisme? I Va le demander au muphti ! » A l'instant le comnandant des pompiers fut entraîné dans la chambre )asse. Les bourreaux lui passèrent autour du cou m lacet do peau de serpent, a Serrez ,mes braves I » eur dit-il, et il mourut avec un courage féroce.
Moustafa le fruitier et Moustafa l'ivrogne, chefs les deux bandes qui avaient pillé les hôtels du grand îzir et de Nedjib-Effendi , après bien des recherches nutilcs, furent eniin saisis dans des maisons où ils l'étaient cacliés. Le fruitier était blotti dans un coffre sur lequel plusieurs femmes étaient assises. )sman-Aga fit porter le coffre même au grand vizir.
qui l'envoya au sultan. En présence de Sa Hautesse, le bostandji-baschi tira Moustafa de son étroite prison et lui dit : a La clémence de notre généreux a maître vous avait déjà pardonné bien des fautes ; a vous étiez comblé de ses grâces, quel motif vous «.a porté à cette nouvelle révolte? » Le malheureux voulut nier la part qu'il y avait prise, et balbutia une réponse embarrassée, a Les révélations de tes a camarades, >i poursuivit le bostandji-baschi, « ont n prouvé qu'au jour de l'insurrection, c'est toi qui « as envoyé des misérables crier dans les rues qu'on « prendrait les femmes des partisans du gouverne- « ment, qu'on vendrait les filles et les jeunes gara çons dix piastres, les habits cinq piastres. Peuxce tu désavouer ce fait ? » Moustafa fut contraint d'avouer qu'il avait employé ce moyen pour réunir du monde. Alors le sultan remercia le ciel d'avoir fait échouer ces odieux projets, et ajouta :. « Béni « soit le nom du Tout-Puissant qui a resserré dans « un coffre étroit cet homme dont l'oi^eil se trouce vait à la gêne dans la vaste enceinte deC!onstantia nople ! D
Peu de jours après, vingt mille derviches, lèpre