‹ Histoire de la TurquieChapitre 350 sur 360 · LIVRE TRENTE-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-HUITIÈME

lantc de Reschid ; Silislrie cependant tomba sous le canon de Diébisch. Les Balkans, rempart jusque là infranchissable d'Àndrinople, furent franchis; Reschid abandonna précipitamment Schumla pour atteindre les Russes dans leur marche rapide sur \ndrinople. Vaincu encore à la bataille de Sélimno, ce revers livra àDiébisch l'entrée de la seconde capitale de Tempire. Rien ne fermait plus la route de Donstantinople aux Russes, que leur petit nombre et le désespoir des Ottomans.

Mahmoud subit la paix d'Andrinople, peu diflfét*ente de celle de Bucharest. La Russie semblait se contenter d'imprimer successivement l'empreinte dd ses pas sur les provinces de l'Europe ottomane, comme pour les marquer pour l'avenir de son sceau ; elle se retirait ensuite avec une apparente modéralion, afin de ne pas provoquer les clameurs du monde.

Toutes les adversités fondaient à la fois sur l'infortuné réformateur do re.npire; vaincu par les Russes, dépossédé par les Grecs, harcelé par les Anjjlais, abandonné par les Français, il ne lui restait qu'à subir l'agression d'un pacha révolté qui n'avait

grandi de ses bienfaits que pour tourner contre son bienfaiteur.

L'indépendance de la Grèce, la prise d^Ândrinople, la connivence de rAnglelerre et de la France au partage de la Turquie d'Europe, avaient tenté Méhémet-AIi d'une plus large dépouille de Teuipire. L'empire tout entier peut-être n'était pas une perspective au delà de son ambition. La fortune l'avait encourage à tout espérer. La révolution de 1830 en Franco avait donné le gouvernement au parti libé* rai; ce parti, par une coalition étrange, se confondait maintenant avec le parti bonapartiste, son ennemi naturel. Les préjugés soldatesques du parti bonapartiste nourrissaient on ne sait quelles préventions fiworables, partiales même, pourMéhémet-Ali, soldat parvenu au faite du pouvoir comme le maître de la France ; on appelait ce paclia le Bonaparte de l'Arabie; on voyait à tort, dans ce souverain du désert de Suez , un ennemi des Anglais capable de leur disputer l'Isthme et de les bloquer par la mer Rouge dans l'Inde. C'était un rèvc dissipé d'avance par les deux occupations de TÉgyplc, par les flottes et par les débarquements britiumiques ; mais le parti bonapartiste, nourri de ressentiments contre rAnglelerre, nourrissait à son tour de ces cbimèivs diplomatiques Topinion ignorante du peuple.

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